Le Burundi poursuit sa participation aux opérations de maintien de la paix

Au moment où le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon évoque une opération de maintien de la paix au Burundi comme possible solution à la crise qui secoue le pays depuis le début de l’année, la rotation des Forces de défense nationale burundaises pour l’AMISOM suit son cours.

A Bujumbura,

Près de 1 700 soldats burundais ont quitté le pays, mardi dernier, pour remplacer leurs camarades rentrés le jour même de leur mission en Somalie au sein de l’AMISOM, l’opération de maintien de la paix de l’ONU sur place. « Les 35e et 36e bataillons ont remplacé les 29e et 30e bataillons, ils serviront en Somalie pendant un an », précise le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole des Forces de Défense Nationale (FDN). Démarrée en 2007, la participation du Burundi s’élève aujourd’hui à six bataillons relevés tous les six mois, deux bataillons à la fois.

Fierté du pays, les troupes burundaises sont reconnues pour leur professionnalisme partout où elles opèrent au sein des opérations de l’ONU, comme en Centrafrique. Malgré les troubles qui secouent le pays depuis le début de l’année, l’engagement du Burundi est resté inchangé, bien qu’essuyant quelques retards de déploiement.

Il faut dire que les opérations de maintien de la paix représentent aussi une entrée considérable dans le budget national. « Un soldat est indemnisé 1028 dollars par mois, sur lequel l’Etat burundais prélève 200 dollars. Et ce montant n’a pas varié depuis le début de la crise !», ajoute Baratuza, écartant ainsi les rumeurs de ponctions supplémentaires pour renflouer les caisses de l’Etat. Le contentement des forces de sécurité est un jeu d’une telle importance dans ce pays au bord de la guerre civile que l’Etat ne peut pas se permettre de couper les salaires. « Nous avons été payés tous les mois sans retards inhabituels depuis le début de la crise », confirme un officier de police judiciaire pourtant opposé au 3e mandat.

Tandis que l’obstination de Pierre Nkurunziza à occuper un troisième mandat présidentiel a profondément divisé le pays, les forces de l’ordre n’ont pas été épargnées des tensions et de nombreux cas de défection sont toujours recensés par la société civile meurtrie par de nouvelles sanctions économiques. Pour le gouvernement, il s’agit de cas isolés mais la présence grandissante d’armes dans les quartiers contestataires tout comme la multiplication d’attentats nécessitant une planification tactique laissent supposer une participation active de militaires en leur sein.