Le bras de fer des pêcheurs ivoiriens

Les bateaux de pêche ivoiriens sont en cale sèche depuis le 15 mai dernier. Motif de la grève : l’augmentation du prix du carburant et le système de commercialisation des produits. La pénurie de poisson se fait déjà sentir dans l’Ouest du pays.

Les activités ne sont plus rentables. Grogne des pêcheurs ivoiriens. En grève depuis le 15 mai dernier, ils entendent protester contre l’augmentation du prix du carburant et le système de commercialisation des produits. Le Syndicat des armateurs de pêche de Côte d’Ivoire (SAP) en appelle au gouvernement pour desserrer l’étau qui étouffe la profession. Les premiers signes de pénuries apparaissent dans l’ouest du pays.

Avec les treize sociétés que compte le syndicat, ce sont près de deux mille personnes qui sont au chômage technique. Coupable, la suppression en octobre de l’année dernière de l’exonération de la taxe sur les produits pétroliers. Coupable également le prix du poisson, bloqué par les mareyeurs.

Renchérissement des coûts

La suppression de l’exonération fiscale de l’essence vient grever encore un peu plus le budget des pécheurs dont le carburant représente déjà 30 à 40% de leurs dépenses. Selon Valy Kanaté, secrétaire général du SAP, le coût du litre serait passé de 100 à 125 F CFA (1 FF à 1,25 FF) en août 2000 à 240 F CFA (2,4 FF) aujourd’hui.

Les armateurs réclament en outre la libéralisation de la vente de poissons. Un système de vente aux enchères libres où les prix ne seraient pas contrôlés par les seuls marchands grossistes. Mais ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille.

Aussi le syndicat se tourne vers l’Etat pour régler une situation des plus préoccupantes et pour éviter une pénurie qui menace toute la région. La côte ouest du pays est déjà touchée. Le poisson manque et tout le monde espère que le conflit trouvera rapidement une issue favorable. La balle est dans le camp du gouvernement pour gérer au mieux la présente crise.