Le bras de fer des étudiants nigériens

La crise universitaire nigérienne se durcit. Les quinze étudiants arrêtés depuis les émeutes de février entament leur sixième jour de grève de la faim. Le gouvernement semble indifférent.

Quinze étudiants, interpellés puis emprisonnés suite aux émeutes du 21 février dernier, entament, vendredi, leur huitième jour de grève de la faim. Ils sont accusés de  » coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort ». En effet, lors des échauffourées de février, un gendarme avait succombé à la suite de graves blessures.

Les étudiants incriminés – douze garçons et trois filles – ont été arrêtés au hasard parmi la foule des manifestants le 21 février et sont en détention depuis cette date. Ils clament leur innocence depuis plus de deux mois et demandent à être libérés. Devant le refus du gouvernement, ils ont entamé une grève de la faim le 27 avril. Leur procès n’en finit pas d’être repoussé. D’abord prévu pour le 8 mars, puis pour le 30, il relevait du Tribunal Correctionnel.

Situation sanitaire préoccupante

Avec la mort du gendarme, l’affaire se corse et doit être jugée devant la Cour d’Assises, seule compétente en matière criminelle. Devant la détermination des étudiants et la mobilisation des organisations de la société civile, les faits poursuivis seront peut-être requalifiés en « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Le temps presse. La situation sanitaire des grévistes est préoccupante : plusieurs d’entre eux sont très affaiblis et ne peuvent plus se tenir debout. « Le gouvernement refuse de saisir notre main tendue et nous estimons que nous sommes obligés d’engager des actions aussi suicidaires soient-elles, tant que l’indifférence des autorités perdure malgré la grève de la faim », a déclaré Abdoul Moumoun Ousmane, secrétaire général de l’Union des étudiants de l’Université de Niamey (UENUN).

Mardi, une dizaine d’étudiants ont également entamé un grève de la faim, devant l’Assemblée Nationale, en signe de soutien à leurs camarades. Ils ont été reçus par le président du Parlement qui leur a promis de trouver une solution à la crise.