Le body-board marocain sur le haut de la vague

C’est un jeune Marocain, Saïd Bouderga, qui a remporté le week-end dernier la première épreuve du championnat d’Europe de body-board à Casablanca. Un résultat qui témoigne du boom de la discipline dans le pays. Pour Hicham El Ourga, président de la Fédération royale marocaine de surf et de bodyboard, le réservoir de talents est immense mais pâtit d’un cruel manque de moyens.

Le meilleur body-boarder européen est marocain. Saïd Bouderga s’est adjugé le week-end dernier la plus haute marche du podium dans la première épreuve du championnat d’Europe de body-board (instrument de glisse en polystyrène, cousin du surf) qui s’est déroulé les 13,14 et 15 juin derniers à Casablanca. Les Européens, impressionnés par la valeur des compétiteurs chérifiens, ont été détrônés pour la première fois en 4 ans. Un résultat qui, pour le président de la toute jeuneFédération royale marocaine de surf et de body-board, est le reflet d’un travail de fond et d’un potentiel encore largement sous-exploité.

Afrik : Que retirez-vous de la victoire d’Hicham Bouderga, le week-end dernier ?

Hicham El Ourga : Sa victoire est l’aboutissement de tout un travail de la part de la fédération et de la North Africa surfing association (Nasa). Mais ce n’est pas uniquement la victoire d’un seul homme. Il faut rappeler qu’il y a trois Marocains dans les cinq premières places. Dont Adnane Benslimane qui est arrivé troisième. Rappelons aussi que l’actuel numéro un de la discipline au Maroc, Salah Laarachi, n’a pas participé à la compétition. Les ténors du body-board européen sont d’habitude les Espagnols et les Portugais. Nous avons créé la surprise mais cela confirme juste notre niveau qui est en train d’exploser.

Afrik : Comment expliquez-vous la vitalité du body-board marocain ?

Hicham El Ourga : Entre 20 000 et 30 000 personnes pratiquent le body-board au Maroc. Parce que nous avons de bonnes conditions climatiques et un grand littoral. Et puis surtout les planches de body-board sont très faciles à acheter. On en trouve partout dans le pays. C’est beaucoup moins cher qu’un surf, notamment parce que les body-boards sont produits sur place et ne sont pas importés. C’est aussi plus pratique car le body-board est à la fois léger et peu encombrant.

Afrik : Que manque-t-il au body-board marocain pour véritablement exploser ?

Hicham El Ourga : Des moyens. A l’heure actuelle, nous ne pouvons assumer financièrement les déplacements de nos champions pour les autres étapes du championnat d’Europe en France et au Portugal. Le jeune Hicham Bouderga (18 ans, ndlr) a gagné ici au Maroc, mais il évolue vraiment sans aucun moyens (sa victoire lui a rapporté 1 600 euros, ndlr).

Afrik : Les bons résultats enregistrés le week-end dernier vont sans doute motiver le ministère des Sports à vous aider ?

Hicham El Ourga : Je ne sais pas, mais nous avons justement rendez-vous ce soir (mercredi, ndlr) avec eux. Notre objectif est d’envoyer nos champions aux autres étapes du championnat d’Europe et, à terme, de participer aux championnats du monde.

Lire aussi :

Le Maroc a sa Fédération de surf.