Le bilan des clandestins naufragés en Tunisie s’alourdit

Le bilan du drame de l’immigration clandestine, survenu ces derniers jours au large des côtes tunisiennes, s’est alourdi avec la révélation dans la presse ce lundi de la mort de 50 clandestins.

L’hebdomadaire « Assabah Al Ousboui » fait état lundi de 50 morts, la plupart des ressortissants subsahariens et de 16 rescapés, dont une femme. Citant un rescapé marocain, il précise que les migrants étaient de diverses nationalités, dont des Camerounais, des Nigérians, des Kenyans et des Ivoiriens. Il a également mentionné un jeune Tunisien parmi les victimes. Le quotidien « Achourouk » avait évoqué la veille un premier bilan de trois morts et 15 rescapés.

Selon l’hebdomadaire, qui se réfère à « des sources concordantes », un groupe de 66 candidats à l’immigration clandestine avait pris place dans une embarcation plusieurs jours auparavant à partir de la plage de Zouara, en Libye.

Entassés dans un zodiac long de cinq mètres, les clandestins projetaient de se rendre dans l’île italienne de Lampedusa. Mais, en cours de route, ils étaient tombés en panne sèche de carburant.

Après avoir lutté pendant cinq jours contre les vagues, la faim, la soif et le froid, sans voir venir aucun secours, plusieurs dizaines ont succombé. Leurs cadavres ont été jetés à la mer par crainte d’épidémies, relate le journal en citant les témoignages de rescapés.

L’embarcation à la dérive a fini par échouer sur la plage de Békalta, une localité proche de la ville de Mahdia, située sur le littoral du centre-est tunisien. Leur présence a été signalée par des habitants attirés par des appels de secours de rescapés épuisés.

« Le spectacle, que donnaient à voir les rescapés, était à la fois pénible, émouvant et terrifiant », racontent des témoins oculaires interrogés par l’hebdomadaire.

Alertées, des unités de la Garde nationale et de la Protection civile sont accourues sur les lieux. Les rescapés ont été aussitôt conduits à l’hôpital de Mahdia où après avoir reçu les soins nécessaires, leur état est jugé « stable et rassurant ».

En raison de sa proximité des côtes italiennes et espagnoles, le littoral des pays du Maghreb sert régulièrement de point de départ ou de transit de migrants maghrébins, subsahariens, voire asiatiques tentés de gagner l’Europe.

Conduites par des passeurs dont le seul souci est d’amasser le maximum de gains, ces expéditions qui se déroulent dans des conditions précaires, notamment dans de vieilles embarcations surchargées, tournent souvent au drame, surtout par mauvais temps.