Le Bénin sous Patrice Talon : une démocratie en danger ?

Patrice Talon, Président du Bénin

Les élections du dimanche 28 avril 2019 devraient se tenir sans l’opposition. Une première au Bénin et qui aura lieu sous le magistère du Président arrivé au pouvoir avec l’espoir de tout un peuple sur les épaules : Patrice Talon.

Le réveil risque d’être très brutal pour les Béninoises et Béninois qui, en 2016, avaient confié les rênes de leur pays à un certain homme d’affaires du nom de Patrice Talon. Ce dernier, pour gagner leur confiance et briguer le suffrage des Béninoises et Béninois, leur avait promis… monts et merveilles. Plutôt, un avenir meilleur que celui que leur avait promis l’ex-chef d’Etat, Yayi Boni, qui, par respect à la volonté des Béninoises et des Béninois, mais aussi et surtout à la Constitution, avait sagement décidé de ne pas briguer un nouveau mandat.

Au moment où les Béninoises et les Béninois rêvaient d’un avenir radieux, bâti sur le socle d’une démocratie sans précédent, pour ce pays considéré comme un modèle en la matière au niveau de l’Afrique de l’Ouest, depuis le début des années 90, voilà que les élections législatives du dimanche 28 avril 2019 viennent jeter le discrédit sur un système politique et dans le même temps, l’espoir de toute une nation qui s’envole.

En ce sens que pour ce scrutin, aucun parti d’opposition n’a été autorisé à se présenter par la Commission électorale nationale du Bénin. Dès lors, les quelque 5 millions d’électeurs béninois devront faire le choix entre deux partis : l’un apparenté à Patrice Talon, l’autre apparenté à…  Patrice Talon. Il s’agit en effet de deux partis proches du pouvoir : l’Union progressiste et le Bloc Républicain.

Un véritable recul démocratique qui pointe à l’horizon, si l’on sait que dans ce même Bénin, pour le même scrutin, il y a cinq (5) petites années, 20 listes avaient été présentées aux électeurs, pour choisir les 83 députés du Parlement. Avec ce scénario, inutile de constater que Patrice Talon est en passe de se tailler une Constitution sur mesure, pour sans aucun doute fouler du pied son principe axé sur  » un Président, un mandat « .