Le Bénin célèbre le Vodoun le 10 janvier

Le 10 janvier est un jour férié au Bénin. Et ce, depuis 1992, sous l’impulsion de l’ancien Président béninois, Nicéphore Soglo. Célébrer cette journée a été un pas décisif pour réhabiliter le culte vodoun, une religion comme une autre pour ses adeptes. Celle de la grande majorité des Béninois et d’une grande partie de la diaspora africaine.

« Le vodoun est une religion ignorée, dénigrée et souvent reléguée au rang d’idolâtrie. L’instauration du 10 janvier, date de la fête du vodoun, au Bénin, à l’initiative du Président Soglo (ancien Chef de l’Etat béninois, ndlr) est une sorte de réhabilitation de cette pratique religieuse », explique le Docteur Cosme Zinsou Quenum, sociologue. C’est depuis Ouidah 1992, festival culturel autour de « La Route de l’esclave » (projet de l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) et du vodoun, que le Bénin célèbre le 10 janvier. La rencontre du Bénin et de sa diaspora aura été un catalyseur pour revaloriser ce culte ancestral discrédité par le colonisateur, mais qui restera un serment d’unité pour la diaspora. De Haïti au Brésil, en passant par Saint Domingue, la pratique du vodoun est restée vivace au sein des descendants d’esclaves.

Une religion comme une autre

Vodoun renvoie, en fon (langue du sud du Bénin que l’on parle à travers tout le pays), à « esprit ». L’adepte vodoun se remet à un certain nombre de divinités qui gèrent le monde. Elles sont déclinées autour des quatre éléments fondamentaux de la vie et du monde que sont la terre, l’eau, l’air et le feu. Selon la croyance vodoun, Dieu, le père créateur s’est doté de deux assistants que sont Mawu et Lissa, qui incarnent respectivement le féminin et le masculin. Le vodoun dispose donc d’une cosmogonie et d’une organisation qui lui confèrent tous les attributs d’une religion. Ainsi le chef suprême vodoun n’est autre que le Dagbo Hounon (le dernier en date est décédé il y a quelques mois), les cultes sont dirigés par des prêtres qui sont appelés vodounons et Ouidah, ville située à 42 km de Cotonou, la capitale béninoise, fief de la congrégation religieuse vodoun, pourrait être considérée comme sa ville sainte. « Plusieurs adeptes en provenance, notamment du Brésil, souhaitent d’ailleurs en faire un lieu de pèlerinage », affirme le sociologue.

Le vodoun, bien qu’elle soit la religion de la majorité des Béninois, n’est pas nécessairement à la portée de tous. La croyance vodoun admet, en effet, que chaque Etre humain a un « engendreur cosmique », une divinité ou un défunt qui porte la glaise dans laquelle il sera modelé, puis à qui le Créateur insufflera le souffle de vie. S’il s’agit d’une divinité, le vodouisant sera consacré à cette dernière. Au total, la célébration du 10 janvier, au Bénin, n’est rien d’autre que l’expression de la reconnaissance d’une dimension et d’une identité religieuse que partage la diaspora africaine de par le monde. Pour le plus grand plaisir des Béninois, et plus particulièrement celui de la communauté vodoun, dont la pratique reste encore obscure pour le commun des mortels.