Lancement le 30 août d’une campagne contre l’émigration africaine

Une campagne internationale contre le départ des jeunes Africains vers l’Europe sera lancée le 30 août courant à Paris. « Le spectacle de tous ces jeunes Africains candidats au départ vers l’Europe nous interpelle. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à une telle tragédie », a affirmé l’écrivain camerounais Calixthe Beyala, un des porte-parole de la campagne.

Mme Beyala a précisé que la campagne sera placée sous l’égide de l’Union internationale des journalistes africains (UIJA), assurant que des missions d’explication seront conduites vers les principales capitales africaines, dont Bamako et Dakar.

« La plupart de ces jeunes, qui affrontent la mort pour venir en Europe, croient y trouver le paradis. Nous devons aller à leur rencontre en Afrique pour leur dire que c’est complètement faux », a expliqué l’écrivain camerounais, auteur notamment de « Femme nue, femme noire« , un roman paru en 2003 aux Editions du Seuil à Paris.

Soulignant l’importance d’une « bonne information » pour la
jeunesse africaine, Mme Beyala a cependant exhorté les Etats africains à proposer des perspectives susceptibles d’inciter les « Africains à reprendre confiance en eux et en leur continent ».

Un besoin de perspectives en Afrique

« La campagne nous conduira à rencontrer des jeunes Africains et à les convaincre de rester en Afrique. Mais nos arguments ne seront porteurs que si nos Etats offrent des perspectives d’emplois et de bien-être à notre jeunesse », a estimé l’écrivain camerounais.

« Il est important d’organiser le continent en vastes marchés régionaux qui offriront des perspectives capables de retenir les Africains en Afrique. Les solutions aux départs massifs de jeunes africains relèvent de notre responsabilité collective », a insisté M. Calixthe Belaya, rappelant les arrivées régulières d’immigrés africains sur les côtes européennes.

Environ 15.000 immigrés d’origine africaine sont arrivés depuis le début 2006 sur l’île italienne de Lampedusa (Italie) et aux Canaries (Espagne), les deux frontières maritimes européennes les proches des côtes africaines.

Des pays africains et européens s’étaient réunis du 10 au 11 juillet dernier à Rabat (Maroc) pour envisager des solutions aux problèmes d’immigration africaine, mettant l’accent sur l’urgence des politiques de co-développement.