La Zambie bannit le dollar américain

Les autorités zambiennes ont interdit aux commerçants et aux hommes d’affaires l’utilisation du dollar américain. Une mesure pour lutter contre la dépréciation de la devise nationale, le kwacha, largement ignorée jusque-là. Le gouvernement a décidé de hausser le ton et brandit la menace d’amendes et de peines de prison.

Pied de nez à l’Etat, les commerçants et les hommes d’affaires ignorent ouvertement l’interdiction d’utiliser le dollar américain dans l’exercice de leurs activités. Le gouvernement radicalise sa position en menaçant désormais les contrevenants de sanctions allant de l’amende à la peine de prison. Une mesure coercitive pour lutter contre la dépréciation du kwacha, la devise nationale.

Non au billet vert. Les autorités zambiennes entendent mettre tout en oeuvre pour faire respecter les nouvelles directives afin de stabiliser le kwacha.  » Ceci est un avertissement à tous à ceux qui continuent de ne pas utiliser le kwacha « , prévient le ministre du Commerce, Eugene Appel, devant les journalistes de la BBC. Les entreprises ont jusqu’au 7 octobre pour se plier à la loi.

Imposer la confiance dans le kwacha

A cause de l’inflation qui sévit dans le pays (de l’ordre de 20%), les opérateurs économiques privés n’ont pas confiance dans le kwacha et préfèrent se rabattre sur une monnaie plus stable pour leurs échanges : le dollar américain. Un cercle vicieux inflationniste car les kwachas inactifs occasionnent un trop plein de devises nationales sur le marché et donc génèrent une hausse générale des prix.

Les causes de la dépréciation de la monnaie nationale sont nombreuses et le ministre du Commerce a également annoncé l’intention du gouvernement d’activer le levier de la maîtrise des dépenses de l’Etat et la baisse des taux d’intérêts. Avec les taux d’intérêt prohibitifs actuellement pratiqués par les banques, le secteur privé reste, en effet, très frileux pour emprunter. Un frein à l’investissement qui appauvrit les capacités de production interne du pays et oblige l’économie zambienne à l’importation.