La vision du « coaching » par Business Challenge

Vous aider à établir des objectifs personnels ou professionnels et développer les moyens d’y parvenir, telle est la pieuse mission du coaching. Hervé d’Almeida, fondateur de la société Business Challenge, explique aux profanes les tenants de la pratique et sa propre façon de fonctionner avec ses clients. Une approche pragmatique qui, selon lui, trouverait en Afrique un « contexte d’application idéal ».

Vous avez dit coaching ? Pour beaucoup d’entre-vous, le concept reste assez flou. Qu’est ce que c’est concrètement ? A quoi cela peut-il me servir dans ma vie personnelle ou professionnelle ? S’il vous faut finalement juste savoir que le coaching peut être un puissant facteur de performance, Hervé d’Almeida, fondateur de la jeune société Business Challenge (France, avril 2005), vous explique tout d’un domaine qui n’a plus à faire ses preuves. Enseignant en Programmation neurolinguistique (PNL), l’ancien informaticien togo-béninois et son équipe forment à la fois des coachs, dispensent du coaching personnel et assurent des prestations de coaching en entreprise. Soutenue par l’un des pionniers du coaching, le Britannique John Whitmore, la structure a connu un bon démarrage en France et affiche de grandes ambitions en Afrique.

Afrik.com : Quelle serait votre définition du coaching ?

Hervé d’Almeida :
Je le définirai comme une prise de conscience sur qui l’on est et ce que l’on veut faire de sa vie personnelle et professionnelle. Parce qu’il est important de savoir ce qu’on veut personnellement pour pouvoir donner du sens à son activité professionnelle. Il y a deux types de coaching, l’un que l’on qualifie de professionnel, le Business coaching, et l’autre plus orienté vers un développement personnel, le life coaching.

Afrik.com : Concrètement, le coaching c’est quoi ? Des soirées d’intégration ? Du canyoning pour resserrer les liens dans un groupe ?

Hervé d’Almeida :
Ça, c’est plutôt de la cohésion d’équipe. On peut le faire car ça fait partie des outils de développement, mais le coaching c’est avant tout de faire prendre conscience aux équipes qu’elles ont tout le potentiel pour atteindre les objectifs confiés par la direction. Un travail qui peut se faire sur 3 jours, mais se fait réellement sur une durée de 6 à 9 mois.

Afrik.com : Qu’est ce qui différencie le coaching du conseil ?

Hervé d’Almeida :
Le coaching n’a rien à voir avec le conseil. Le coach propose rarement des solutions. L’objectif est de faire accoucher les solutions au coaché. Si nous avons des modèles de performance et de réussite très efficaces, il n’en demeure pas moins que chaque personne est unique. D’où la nécessité d’adapter les modèles en fonction de la spécificité de la personne.

Afrik.com : Quels peuvent être les résultats concrets du coaching ?

Hervé d’Almeida :
Il existe des success stories de personnes qui ont été coachées. Aussi bien en entreprise qu’individuellement. Je peux, par exemple, présenter une personne qui n’est partie de rien et qui arrive à gagner 1 million d’euros par an. C’est vrai que ça interpelle beaucoup de personnes. Ce sont des modèles de réussite de référence.

Afrik.com : Le coaching est une pratique qui vient des Etats-Unis ?

Hervé d’Almeida :
Ce sont des pratiques américaines dans la terminologie tout en sachant que Socrate faisait du life coaching, et on peut même parler de Jésus Christ qui dans un sens métaphysique plus profond faisait également du coaching. Finalement, le coaching est partout. Tout le monde se fait coacher. Cela va de l’enfant qui a des difficultés scolaires à l’homme politique.

Afrik.com : Comment avez-vous découvert le coaching ?

Hervé d’Almeida :
Je suis informaticien à la base et je me suis rendu compte j’étais très mauvais dans mon activité, mais que j’avais un talent particulier pour manager des équipes. Je me suis rendu compte que, pour avoir un résultat d’entreprise, il m’était plus facile d’accompagner les gens dans leur réussite plutôt que d’être focalisé sur ma propre activité. J’ai suivi une formation qui apprenait aux responsables d’équipe ou aux managers à donner l’envie à leurs collaborateurs de mieux travailler. J’ai trouvé ça passionnant. C’est Alain Brulé, l’un des pères fondateurs de Bossard Consulting, qui m’a formé aux outils de communication de base. J’ai été très intéressé par son approche et j’ai commencé à travailler avec lui. Nous avons finalement travaillé ensemble de 1989 à 1998.

Afrik.com : Qu’est-ce le coaching vous a personnellement apporté ?

Hervé d’Almeida :
La première action que j’ai eu à mener était d’apprendre à comment me présenter à un client. Avant cette expérience, j’avais une chance sur trois d’être pris quand je faisais une présentation à un client. Après la formation, j’avais 100% de réussite et c’est moi qui choisissais le client avec qui j’avais envie de travailler.

Afrik.com : Comment en êtes-vous venu à créer Business Challenge ?

Hervé d’Almeida :
Quand je travaillais avec Alain Brulé, j’ai parallèlement créé L’Institut de recherche et de développement des potentiels, qui faisait aussi bien de l’organisation que de la formation en PNL. J’étais seul dans cette structure. Compte tenu des offres, j’ai trouvé pertinent de l’élargir et de passer en société. Ce qui m’a fait passer à Business Challenge, c’est le constat que sur le marché du coaching, on avait des outils formidables qui permettaient à nos clients de se développer fortement mais que beaucoup de consultants utilisent finalement peu pour eux-mêmes. Je me suis donc lancé le défi de créer une société en partant de rien. Car le présupposé du coaching et que toutes les ressources sont dans la personne. La structure a été lancée en avril 2005, nous avons pour 2006 une prévision de chiffre d’affaires de 286 000 euros qui sont signés et nous sommes en train de développer le reste.

Afrik.com : Nous ?

Hervé d’Almeida :
Nous sommes aujourd’hui 4 personnes au sein de la structure et nous avons un pool de 25 consultants spécialisés en coaching, plus un pool d’une trentaine de sportifs de haut niveau. Il faut savoir qu’au sein de Business Challenge on s’inspire des stratégies de réussite des sportifs de haut niveau pour illustrer le développement de la performance en entreprise.

Afrik.com : Avez-vous de grands groupes parmi vos clients ?

Hervé d’Almeida :
Nous avons travaillé en 2005 pour des groupes comme la Société Générale. Pour 2006, nous avons quelques prospects intéressants dans des grosses entreprises de téléphonie et d’électronique.

Afrik.com : Quel est exactement votre positionnement ?

Hervé d’Almeida :
Nous avons une activité de formation pour former les coachs, une activité individuelle, mais notre activité centrale est orientée sur le développement de la performance d’équipe en entreprise. Quand une société nous appelle, nous allons dans un premier temps donner une photographie précise de la situation. Et, à partir là, on travaille sur les objectifs que nous allons clarifier avec les managers. Tout le développement est d’amener l’équipe à atteindre les objectifs en toute sérénité.

Afrik.com : La formation en life coaching nécessite-t-elle les mêmes compétences que pour le business coaching ?

Hervé d’Almeida :
Non, ce ne sont pas les mêmes compétences à mettre en œuvre. Pour pouvoir faire du business coaching il faut pouvoir bien connaître le fonctionnement et les exigences des entreprises. Les gens qui viennent nous voir pour le life coaching sont soit en recherche d’emploi, soit ont des difficultés relationnelles avec leur conjoint, leurs enfants, leurs collègues ou leur employeurs. Leur objectif de départ les ramène toujours à un travail sur eux. J’ai une personnes qui est spécialisée dans le life coaching. C’est une psychothérapeute de formation et elle a travaillé en ethnopsychiatrie. Elle possède en outre une grosse expérience en matière de thérapie familiale.

Afrik.com : Finalement le coaching n’est-il pas tout simplement de la psychologie ?

Hervé d’Almeida :
Il y a une distinction entre la psychologie et le coaching. Les psychologues travaillent sur le passé et le présent des gens, alors que le coaching travaille sur le présent et le futur.

Afrik.com : Combien de temps dure la formation de vos coachs ?

Hervé d’Almeida :
Nous accordons une grande importance à la formation. Il existe ici et là des formations qui durent 4 jours. Ce sont des formations valables, mais il faut prendre conscience qu’on ne devient pas coach au bout de 4 jours. Pour ma part, je pense qu’un travail d’un an pour un coach est un travail raisonnable pour qu’il développe une vraie compétence. C’est pourquoi nous avons lancé une formation expérimentale de 54 jours qui s’est achevée en décembre. Il y avait 2 jours de formation en salle par mois plus un jour de pratique. Le reste est du travail en sous-groupes. Aujourd’hui que le corps du programme a été validé, nous avons tiré des enseignements pour 2006 et nous allons morceler la formation en trois parties. Une partie sur le travail sur soi, une partie sur le travail en organisation et une partie sur le développement de la performance.

Afrik.com : Pour le travail en entreprise, n’y a-t-il pas des freins par rapports aux process et aux pratiques déjà en place au sein des équipes ?

Hervé d’Almeida :
Il n’y a aucun frein, car on ne dit pas aux personnes qu’elles ont une mauvaise façon de travailler. Nous avons des outils objectifs qui leur permettent d’avoir une vision très claire de là où ils sont. Cela leur donne un feedback très clair de qui ils sont au niveau de leur profil professionnel, personnel et au niveau de la dynamique d’équipe. La problématique du coaching c’est partir de ce que connaissent les gens pour leur permettre de mieux faire ce qu’ils savent déjà bien faire.

Afrik.com : Et s’ils ne font pas bien à la base ?

Hervé d’Almeida :
S’ils ne font pas bien « à la base », c’est probablement soit parce qu’ils n’ont pas compris les consignes soit parce que les prospects ont été mal formulés. Donc il y a tout un travail à faire au niveau du manager pour clarifier les objectifs et trouver la bonne stratégie pour faire passer l’information.

Afrik.com : Pensez-vous que le coaching puisse se développer en Afrique ?

Hervé d’Almeida :
L’Afrique est un contexte d’application idéal pour le coaching. Pour moi, l’un des facteurs-clé est de faire confiance à ses intuitions. Et j’ai pu observer à travers toutes les formations que j’ai mené, ou dans lesquelles je suis allé, que les Africains avaient beaucoup plus d’intuition que les autres, mais que le contexte faisait qu’ils ne pouvaient pas la valider. Il y a là un avantage concurrentiel par rapport à d’autres cultures.

Afrik.com : Il est souvent reproché aux entrepreneurs africains leur manque de culture d’entreprise. N’est-ce pas un frein au développement du coaching ?

Hervé d’Almeida :
Il y a une autre approche à avoir. Les Africains n’ont peut être pas une culture d’entreprise affirmée, du moins dans le sens où on l’entend en Occident, mais ils ont une culture de ce qu’est la famille. Le fonctionnement au sein de la famille et de la fratrie est quelque chose sur lequel on peut s’appuyer pour développer des modèles de coaching pertinents. Il y a des qualités, comme la solidarité et la reconnaissance, que l’on peut exploiter. Il y a également une certaine organisation, c’est-à-dire que dans la culture africaine, on connaît le rôle de chacun. Il y a des avantages et des inconvénients, mais il est important de partir de ce modèle pour transposer avec ce qui se passe en entreprise.

Afrik.com : Combien coûtent des prestations de coaching ?

Hervé d’Almeida :
C’est très variable. Les prix suggérés par les fédérations de coaching en France commencent, pour les entreprises, à partir de 200 euros la séance. Pour les particuliers, cela peut démarrer à 70 euros, tout dépend de l’objectif. Pour notre part, nous travaillons sur un engagement de réussite. C’est ce qui nous différencie des autres. Pour nos tarifs, il y a une partie fixe et une partie variable, par rapport à l’objectif qu’on va atteindre.