La victoire de Obama célébrée dans les principales villes du Bénin

L’élection, mardi soir, de M. Barak Obama à la tête des Etats-Unis a été célébrée mercredi par les populations de Cotonou et Porto-Novo, deux des principales villes du Bénin, comme une victoire de toute l’Afrique.
Depuis la nuit électorale qui a mobilisé presque tous les organes de presse et les populations qui ont suivi en direct les différents phases de cette élection historique, les deux villes vibrent au rythme de cette victoire inédite.

Dans toutes les rues et places publiques, même la prise d’ordonnance par le chef de l’Etat béninois pour exécuter le budget remanié semble ne plus intéresser personne, malgré la crise institutionnelle qui se profile à l’horizon dans le pays. Toutes les attentions sont focalisées sur l’élection la plus médiatisée et la plus commentée de l’histoire.

Au marché Dantokpa qui, pendant la longue campagne, avait revêtu par endroit les couleurs du premier président noir d’Amérique, l’élection de Obama reste le sujet principal des vendeuses qui ne s’arrêtent de jaser que pour servir le client.

A la berge lagunaire de ce grand marché international, même les pêcheurs et les mareyeuses qui ne retiennent des joutes électorales nationales que le nom du fils du terroir ou du candidat qui leur a envoyé quelque expédient, se réjouissent du fait que dans le pays le plus puissant du monde, un Noir comme eux a pu tirer son épingle du jeu en briguant la magistrature suprême.

« The first page » de l’histoire noire

Au marché de poulets de St Michel (Cotonou), une vendeuse devisant sur l’actualité politique mondiale déclare en rigolant que son poulet est celui là qui permet d’être vainqueur comme Obama.

Missèbo, marché de friperie marqué par une forte colonie nigériane, aucun autre sujet n’intéresse cette communauté qui se sent plus liée à l’actualité de l’ancien pays colonisateur. Les volumes des postes radios sont mis à fond pour ne perdre aucun commentaire des chaînes internationales sur ce que James H. appelle, « the first page » de l’histoire noire.

Dans les lycées et universités, certains enseignants ont été obligés de consacrer quelques minutes aux commentaires. Pour Marcellin T, c’est la meilleure façon de laisser les étudiants vider leur trop plein de fantasme sur le candidat noir et éviter de prêcher dans le désert pendant que l’envie d’en discuter les dévore.

« L’Obamaphilie » qui s’était depuis quelques mois emparé des populations béninoises s’est accentuée avec les résultats qui ont donné gagnant le candidat démocrate.

Dans les buvettes, les restaurants, la victoire d’Obama constitue le seul sujet qui intéresse les Béninois dont certains ont dû accuser du retard pour arriver au service du fait de la longue veillée d’hier pour suivre les résultats.

Une manne pour les opérateurs de GSM

Certains jeunes eux, ont sillonné tôt le matin, quelques artères de Cotonou chantant et criant « Obama Président, Obama Président » !

Les opérateurs GSM semblent avoir tiré un grand profit de cette liesse populaire qui s’est emparée du pays de Boni Yayi, et qui contraste avec la tension politique dans laquelle la difficile relation entre le parlement et l’exécutif plonge le pays.

Durant toute la nuit, les mêmes messages ont fait le tour de plusieurs numéros GSM : « Obama président du Monde !!! 40 ans après, la prophétie de Martin Lutter King se réalise !! Obama lave l’affront à la race noire » !!

Ces messages, qui ne sont pas signés, sont le moyen choisi par un inconditionnel d’Obama pour annoncer « la bonne nouvelle ».

Plus qu’en période de campagne, les vestes, casquettes et autres à la Obama s’installeront dans le style des Béninois branchés, nous en sommes conscients et ferons tout pour en tirer profit, confie Albin Sagbo, couturier rencontré dans un taxi sur le trajet Cotonou /Porto-Novo.

Bien que la journée n’ait pas été déclarée chômée par leurs autorités, les Béninois qui estiment n’avoir pas eu assez de temps pour célébrer leur « champion », se réservent le droit de continuer la fête tous les soirs jusqu’au week-end !