La valse des Premier ministres continue

Le président Kumba Yala a dissout en fin de semaine dernière l’Assemblée nationale et le gouvernement d’Alamara Nhassé. Le nouveau Premier ministre, Mario Pires, est la quatrième personne à occuper ce poste en deux ans. Des élections législatives anticipées sont prévues dans un délai de trois mois.

La Guinée Bissau a un nouveau Premier ministre. Le quatrième en deux ans. Dimanche, le président Kumba Yala a officiellement investi dans ses fonctions Mario Pires, son directeur de cabinet, en remplacement d’Alamara Nhassé, nommé le 8 décembre 2001. Le président bissau-guinéen avait annoncé dès jeudi son intention de dissoudre l’Assemblée et le gouvernement, qu’il jugeait  » incompétent « . L’Assemblée nationale a effectivement été dissoute vendredi et des élections législatives anticipées ont été convoquées dans un délai de 90 jours à partir du 15 novembre.

La future équipe sera  » un gouvernement de gestion sous la direction du président Kumba Yala  » et un  » gouvernement de mission « , a déclaré Mario Pires, dimanche. Kumba Yala a justifié sa décision par la  » situation de crise économique très difficile, voire critique  » que connaît le pays. Le remaniement ministériel est le point d’orgue de la crise ouverte qui oppose depuis août dernier, le président et l’ex-Premier ministre Alamara Nhassé, tous deux issus du parti au pouvoir, le Parti de la rénovation sociale (PRS).

Réactions mitigées

Les réactions de la classe politique sont mitigées. Alors que certains partis considèrent la dissolution comme la solution à la crise, d’autres craignent qu’elle en entraîne une autre aux conséquences imprévisibles. Plusieurs partis, enfin, se montrent favorables à la création d’un gouvernement d’unité nationale, idée qui trouve un large écho au sein de la société civile. Depuis l’annonce, vendredi, de cette dissolution, des patrouilles militaires ont été vues par les correspondants de l’AFP dans plusieurs endroits de Bissau.

Une mesure préventive, semble-t-il. Le chef d’état-major des Forces armées, le général Verissimo Seabra Correia, qui s’est exprimé dans plusieurs journaux nationaux, a mis en garde  » un groupe d’individus mal intentionnés qui voudraient profiter de la situation de crise pour mener des actions subversives  » dans le pays. Sans préciser la composition du  » groupe  » et sans déterminer les  » actions subversives  » en question.

Quoi qu’il en soit, le petit pays d’Afrique de l’Ouest vit sous tension depuis la rébellion politico-militaire de 1998. L’insurrection, dirigée par le général Ansumane Mané, avait mené en mai 1999 au renversement du président Joao Bernardo Vieira puis à une période de transition et enfin à des élections qui avaient porté Kumba Yala au pouvoir. En novembre 2000, le général Mané avait dirigé une nouvelle tentative de coup d’Etat, avant d’être abattu par les forces loyalistes.