La Tunisie rouvre sa frontière avec la Libye

La Tunisie a décidé de rouvrir sa frontière avec la Libye après sa fermeture au lendemain de l’attentat-suicide contre un bus de la sécurité présidentielle, à Tunis.

La Tunisie lâche du lest et rouvre de nouveau sa frontière terrestre avec la Libye, qu’elle avait fermée après l’attentat-suicide du 24 novembre à Tunis revendiqué par le groupe Etat islamique (EI), a annoncé, ce vendredi 11 décembre 2015, le ministère de l’Intérieur.

Les autorités tunisiennes avaient décidé de fermer leur frontière avec la Libye pour au moins 15 jours, le 25 novembre, au lendemain de l’attaque-suicide en plein Tunis contre un bus de la sécurité présidentielle, qui a tué 12 agents. Une décision prise par le conseil de la sécurité. Il avait également été décidé de « renforcer la surveillance sur les frontières maritimes et dans les aéroports ». L’état d’urgence a par ailleurs été réinstauré dès le 24 novembre sur tout le territoire, pour au moins 30 jours, tandis qu’un couvre-feu reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre dans le Grand Tunis, de minuit à 5 heures.

La Tunisie vit désormais sous la menace terroriste. Les attentats du musée du Bardo, puis de Sousse, et dernièrement de Tunis ont poussé le pays à prendre encore plus de mesures sécuritaires. La plupart de ces attaques se prépareraient en Libye, où l’organisation de l’Etat islamique détient des bases. La Tunisie a dès le départ mis en garde contre le « danger libyen » après ce troisième attentat d’envergure revendiqué par l’organisation de l’Etat islamique (EI). Un « système d’obstacles », constitué notamment de tranchées, est en outre en cours d’achèvement sur près de la moitié des 500 kilomètres de frontière commune avec la Libye où le chaos sécuritaire a permis au groupe EI de s’implanter.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, provoquée par l’intervention militaire menée par l’OTAN, dont l’ancien Président français Nicolas Sarkozy est l’artisan, la Libye est plongée dans le chaos. Livrée à elle-même, de nombreux groupes armés s’y affrontent pour le contrôle des points stratégiques.