La Tunisie déploie l’armée pour protéger ses champs de pétrole et de gaz

Le déploiement des troupes militaires survient en raison de manifestations sur les sites industriels liées à un mécontentement croissant face aux mauvaises conditions économiques en Tunisie.

Le président Beji Caid Essebsi, a ordonné à l’armée de protéger la production des principales ressources du pays, phosphate, de gaz et de pétrole, qui sont essentielles à l’économie nationale, suite à une vague de protestations et de manifestation, parfois violente, liée au fort taux chômage et l’aggravation des conditions économiques.

C’est la première fois que des troupes en Tunisie sont déployées pour protéger les installations industrielles note Al Jazeera. « C’est une décision sérieuse, mais elle doit être appliquée pour protéger nos ressources« , a déclaré le Président Essebsi mercredi dans un discours à la nation.

« Notre voie démocratique est devenue menacée et la loi doit être appliquée, mais nous respecterons les libertés. Celui qui veut se mettre en grève peut le faire, mais sans perturber le travail », a ajouté M. Essebsi.

Mais cette décision a soulevé de nombreuses protestation

« Ce n’est pas le travail de l’armée« , a déclaré à l’agence de presse DPA Mohammed al-Hameidi, un officiel du Parti de l’Alliance démocratique de l’opposition. « La décision présidentielle pose également la menace de militariser la sphère politique« , a ajouté M. Hameidi.

Le gouvernement Tunisien a fait face à un mécontentement croissant, en particulier dans les régions intérieures.

Les manifestation qui ont frappé le secteur du phosphate au cours des dernières années ont coûté au pays plus de 2 milliards de dollars, selon les responsables. Mais la production est revenue aux plus hauts niveaux depuis 2010 après que les fonctionnaires ont négocié des accords avec les manifestants.

Le tourisme, un autre élément clé pour le gouvernement, qui représente environ huit pour cent de l’économie, a été gravement touché par deux attaques contre des étrangers en 2015.

Les réservations, cependant, sont en retour et les fonctionnaires s’attendent à une croissance du tourisme de 30 pour cent cette année précise Al Jazeera.