La traversée de Diafarabé, classée patrimoine de l’humanité

La pérégrination des animaux entre le Sahel et le fleuve Niger classé au patrimoine mondial de l’humanité. L’espace culturel du yaaral et du degal correspond au vaste espace pastoral des peuls, du delta intérieur du fleuve Niger. Les deux noms désignent aussi les festivités qui marquent la traversée du fleuve, respectivement à Diafarabé et à Dialloubé, par les troupeaux de bovins qui pâturent tout au long de l’année entre les terres arides du Sahel et les plaines inondables du bassin intérieur du Niger.

La traversée annuelle du fleuve Niger par les animaux à Diafarabé et à Dialloubé (delta central du Niger) est désormais classée parmi les richesses culturelles de l’humanité, selon une décision du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO prise depuis novembre dernier et rendue publique seulement lundi, à Bamako, par le ministère malien de la Culture. Ces manifestations dans le cercle (préfecture) de Ténenkou par des troupeaux de bovins nourris à souhait constitue le clou d’un grandiose programme culturel, rappelle-t-on. Les animaux, gardés sur les riches pâturages du Sahel pendant la saison des pluies, reviennent à la décrue dans les plaines inondables du bassin inférieur du fleuve Niger.

« Yaaral » et « Dégal »

Selon les traditionalistes du Macina, les célébrations du retour ont toujours lieu un samedi, jour de faste dans les croyances populaires peules. Ce samedi béni est déterminé, selon eux, en fonction de l’état des pâturages et de la décrue du fleuve. Ces fêtes donnent lieu à des manifestations comme le concours du plus beau troupeau. C’est également l’occasion pour les bergers de déclamer des poèmes pastoraux, relatant leurs aventures durant les longs mois de pérégrination à travers de lointaines contrées.

L’espace culturel du « Yaaral » et « Dégal » correspond au vaste espace pastoral des peuls du delta intérieur du Niger au Mali. Il comprend l’immense plaine alluviale d’environ 90.000 km2 s’étendant de Ké-Macina au sud, et Tombouctou au Nord, les Zones exondées du Sahel (Méma, Karéri, Farimaké) et la plaine de Séno au pied du plateau Dogon.

Sur les 43 nouveaux chefs d’œuvre classés cette année patrimoine de l’huumanité, onze sont en Afrique. Cette liste distingue des œuvres vivantes dans des domaines tels que les expressions et les traditions orales, la musique et la danse, les rituels et la mythologie, les connaissances et les pratiques concernant la nature et l’univers, ou encore les savoirs faire liés à l’artisanat traditionnel.