La tradition angolaise revisitée

Paris abrite du 6 au 30 novembre la première grande exposition collective d’artistes angolais contemporains. Une tentative de transformer le langage visuel et plastique en un espace de reconnaissance mutuelle. Bienvenue dans le Beau.

Ce qui frappe d’abord dans cette exposition d’art angolais, ce sont les couleurs. De belles couleurs. Des tons chauds qui appellent à la joie. Ensuite, c’est la naïveté des scènes. Plusieurs tableaux rappellent étrangement des oeuvres d’enfants. D’enfants terriblement doués. Tous les tableaux et sculptures sont le travail d’artistes contemporains. Douze au total, issus de toutes les couches sociales de la société angolaise et d’origines ethniques diverses. Tous réunis par l’art et par la volonté d’apporter un message de tolérance.

Histoire universelle

 » Ces oeuvres sont le résultat d’un dialogue avec l’artisanat et le folklore angolais mais elles ne sont ni de l’artisanat ni du folklore. C’est de l’art « , insiste Adriano Mixinge, le commissaire de l’exposition. Les artistes, qu’il s’agisse de Vitex, de Gonga, d’Alphonso Massongui ou encore de Francisco Quissanga, pour ne citer que les plus connus, utilisent les valeurs ancestrales de l’Angola mais en les réintégrant dans une période contemporaine. Une manière de les perpétuer tout en les faisant évoluer.

L’exposition aborde une pléiade de problématiques spécifiques à l’art africain et en particulier à l’art angolais. Notamment les rapports entre le mythe et l’espace, les légendes et leurs représentations picturales, mais aussi les thèmes de la maternité, de la paix ou du consensus social. Tout cela dans une perspective claire : montrer la relation entre la tradition et la modernité dans le panorama général de la culture. C’est ainsi que les sculptures en bois, les peintures sur toile ou sur papier, les huiles ou acryliques créent un pont pour dialoguer avec l’histoire universelle.

Exposition du 6 au 30 novembre 2001 sur le toit de la grande arche de La Défense (Paris) réalisée dans le cadre du séminaire sur la réalité politique, économique et culturelle angolaise.