La Tanzanie veut limiter l’emploi des travailleurs étrangers

La Tanzanie a l’intention d’exclure
les étrangers du marché du travail pour créer davantage
d’opportunités pour ses citoyens. Le ministre de Jeunesse, de l’Emploi et du Travail entend inverser la tendance en motivant les Tanzaniens, notamment les jeunes, et en traquant les immigrés qui travaillent illégalement.

La Tanzanie a l’intention d’exclure
les étrangers du marché du travail pour créer davantage
d’opportunités pour ses citoyens, a annoncé lundi, Jumanne Maghembe,
ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et du Travail.

Il a affirmé qu’une étude sur les plaintes liées à l’afflux des
étrangers dans le marché local du travail avait révélé que les
citoyens tanzaniens perdaient les possibilités d’emplois dans les
firmes étrangères au profit de ces derniers.

« L’une des raisons que les investisseurs citent souvent pour refuser
les emplois aux citoyens tanzaniens est que nous ne sommes pas
motivés. Donc ils font venir des gens qui peuvent travailler avec un
minimum de surveillance », a-t-il expliqué avant d’appeler les
Tanzaniens à changer leur éthique du travail.

S’exprimant à l’occasion de l’Assemblée générale de deux jours de la
Confédération des syndicats de Tanzanie à Arusha, dans le nord du
pays, le ministre a dit que le gouvernement avait décidé de lancer
une campagne intensive pour rectifier la situation.

La nouvelle administration en Tanzanie a promis de créer 500 000
nouveaux emplois durant ses premières années au pouvoir, mais une
baisse sensible dans le secteur industriel s’est traduite par des
réductions d’emplois alors que les entreprises manufacturières font
face à des coûts énergétiques élevés et des importations bon marché.

« Pis, la majorité des étrangers qui dominent maintenant le
marché du travail, aux dépens de nos jeunes qualifiés, ont même acquis
des certificats de naissance tanzaniens. Comment ils les ont eus,
personne ne sait », a déploré M. Maghembe.

Les observateurs estiment que les propos du ministre pourraient
intensifier la campagne locale contre l’adhésion à la Communauté
est-africaine (EAC) par crainte que l’ouverture du marché local de
l’emploi ne bénéficie qu’aux ressortissants kenyans et ougandais.

Les trois pays membres de l’EAC envisagent de devenir une fédération
en 2013, mais on craint que cela ne donne au Kenya, la puissance
économique régionale, des avantages exagérés par rapport à ses
voisins plus faibles.

« Le gouvernement (tanzanien) est conscient de la nécessité de créer
des emplois décents pour nos jeunes qui sont également très qualifiés
mais ne peuvent trouver des emplois. Les syndicats doivent éduquer
leurs membres de sorte qu’ils puissent nous fournir des informations
sûres concernant les étrangers qui travaillent sans une autorisation
en bonne et due forme », a déclaré le ministre.

Tout en reconnaissant que les expatriés devraient toujours jouer un
rôle majeur en Tanzanie, mais avec des limites concernant le nombre
et le type de compétences requises, M. Maghembe a dit que son
ministère travaillerait avec le Centre des investissements de
Tanzanie pour examiner attentivement les permis « B » délivrés aux
travailleurs étrangers.