La succession d’Alpha Konaré est ouverte

Le parti au pouvoir au Mali, l’Adema, s’est scindé en deux mouvements. La succession d’Alpha Konaré est grande ouverte. A un an des présidentielles, les ambitions s’aiguisent. Les dissidents de l’Adema veulent se démarquer de l’actuelle direction du parti.

Alternative 2002 ou la présidence en point de mire. De hauts responsables de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema, au pouvoir), dont vingt et un députés et quatre anciens ministres, ont annoncé mercredi à Bamako la création d’un mouvement, « Alternative 2002 », pour se démarquer de l’actuelle direction du parti. Le mouvement se dit « largement ouvert » particulièrement aux militants de l’Adema qui, selon lui, sont trompés et déçus par une politique marquée par « le mépris et l’intolérance ». Les vingt et un députés, qui figurent sur la liste des fondateurs du nouveau mouvement, sont réputés êtres « très proches » de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, poussé en novembre dernier à la démission de la présidence de l’Adema.

Genèse.  » Depuis le congrès de 1999, l’Adema est devenu un parti dont plusieurs clans se disputaient le leadership. Les deux grandes tendances, CMDT (Compagnie de textiles, Ndlr) et IBK (Ibrahim Boubacar Keita), se sont déclarés la guerre au moment de la nomination du comité exécutif. IBK a désigné le comité sans l’accord de Konaré « , analyse Edouard Koné, politologue.

Bataille sur du velours

Acte d’indiscipline. La réaction de Konaré a été immédiate : le Premier ministre a été limogé et remplacé par Mandé Sidibé.  » Le clan CMDT a gagné la bataille en plaçant quatre ministres dans le nouveau gouvernement. On appelle ce clan CMDT parce que de nombreux cadres de l’Adema et plusieurs ministres ont occupé de hautes responsabilités dans la compagnie de textiles « , explique Edouard Koné.  » Alternative 2002 est la première étape de la création d’un parti politique dans les semaines à venir « , a déclaré Issa N’Diaye, ancien ministre malien et membre du mouvement. Cette formation sera « la rampe de lancement » d’Ibrahim Boubacar Keita pour les présidentielles de 2002.

Le président de l’Adema, Traoré Dioncounda, se veut très serein.  » Notre parti ne s’est pas scindé en deux mouvements. Je n’appelle pas le départ de vingt et un députés sur cent vingt six une scission, mais un acte d’indiscipline. Nous prendrons prochainement les mesures qui s’imposeront. Les sanctions peuvent aller d’un simple avertissement à une exclusion « .

Les élections présidentielles maliennes se dérouleront au mois de mai 2002. Le président actuel, Alpha Konaré, a promis de ne pas se représenter, et le jeu est donc désormais ouvert.