La Somalie est au bord de « la catastrophe »

Les attaques des islamistes contre le gouvernement transitoire somalien ont fait au moins 200 tués depuis le 7 mai. Les Nations unies ont appelé la communauté internationale à soutenir le nouveau régime d’un pays, dont l’ONG Oxfam a estimé, ce mardi, qu’il connaîtrait « une plus grave catastrophe ».

« La guerre, la sécheresse et la malnutrition poussent la Somalie vers une plus grave catastrophe. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées et plus de trois millions ont grand besoin d’assistance », a affirmé ce mardi Hassan Noor, le coordinateur humanitaire de l’ONG Oxfam pour la Somalie à Nairobi au Kenya. De nombreux résidents du Sud-Ouest de la capitale fuyaient encore ce mardi leurs quartiers. Selon le colonel Mohamed Hashi de la police somalienne, dont les propos ont été recueillis par l’AFP, « les affrontements les plus violents ont lieu dans le district de Dharkinley, nos forces gagnent du terrain ». L’armée régulière risposte, depuis le 22 mai, à l’offensive lancée le 7 mai par les islamistes radicaux – les combattants de cheikh Hassan Dahir Aweys et le groupe des Shebab – contre le nouveau régime du président Sharif Sheikh Ahmed, un islamiste modéré. Les combats ont fait jusqu’ici au moins 200 morts dans la capitale somalienne, Mogadiscio. « Nous avons compté 208 personnes tuées et plus de 700 blessées (…) 80% des morts et des blessés sont des civils pris dans les échanges de tirs », a indiqué, lundi, le ministre somalien des Affaires humanitaires, Mohamoud Ibrahim.

« Une tentative de coup d’Etat »

Les islamistes réclament le départ du chef de l’exécutif somalien fraîchement élu en janvier. « J’appelle Sheikh Sharif Sheikh Ahmed à abandonner son poste autoproclamé de président afin d’épargner les vies des Somaliens », a exigé Hassan Dahir Aweys. L’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, a accusé le chef islamiste de mener « une tentative de coup d’Etat ».

« La Somalie est envahie par des combattants étrangers qui ont pour principal objectif de faire ressembler le pays à l’Afghanistan et à l’Irak », affirmait la semaine dernière le président Sharif Sheikh Ahmed. « Nous appelons la communauté internationale et le peuple somalien à nous aider à les combattre », avait-il poursuivi. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies, a réitéré le 28 mai cet appel. Il s’est dit « préoccupé par le nombre croissant de civils tués, blessés et déplacés en raison de ces attaques ». Quelque 57 000 habitants de Mogadiscio ont dû quitter leur maison depuis début mai, selon un dernier bilan rendu public dimanche par le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). De nombreux déplacés auraient notamment trouvé refuge ces dernières semaines à Afgooye, localité voisine située au sud de Mogadiscio.

La Somalie ne dispose plus de gouvernement depuis le coup d’Etat militaire de janvier 1991 qui a renversé le régime dictatorial de Siad Barre.