La Sénélec emprunte au public

Dans l’impossibilité de trouver un repreneur, la Société nationale d’électricité du Sénégal a décidé d’emprunter 10 milliards de F CFA pour parer à ses besoins immédiats.

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Sénélec) est à la recherche d’un repreneur depuis septembre 2000, date de la rupture du contrat liant l’Etat sénégalais au consortium franco-canadien Elyo-Hydro/Québec. Vivendi/Office national d’électricité en février 2002, AES Limited (Etats-Unis) au mois de juillet de la même année, rien n’y fait… Toutes les négociations entre le gouvernement sénégalais et les repreneurs potentiels ont échoué. La solution pour la société nationale d’électricité ? L’emprunt au public. Mercredi, la Sénélec a annoncé qu’elle lançait un emprunt obligataire de 10 milliards de F CFA sur le marché financier afin d’assurer ses besoins en investissements. Les Industries chimiques du Sénégal en ont fait l’expérience et ne s’en portent que mieux.

Un réseau obsolète

Depuis juillet 2002 et le raccordement du Sénégal au barrage de Manantali, la Sénélec est parvenue à combler son déficit de production. L’apport journalier du barrage que le Sénégal partage avec le Mali et la Mauritanie est estimé à 60 mégawatts/heure (MWh). Du coup, la société produit en moyenne 300 MWh par jour, pour une demande estimée à 270 MWh. Mais la Sénélec éprouve toujours des difficultés à satisfaire la demande en période de pointe et les délestages restent fréquents.

Des difficultés que Sud Quotidien impute pour l’essentiel au transport du courant, réalisé à travers un réseau global obsolète qui cause de nombreuses pannes. C’est donc pour parer à l’urgence, selon Alioune Fall, responsable de la Commission de régulation du secteur de l’électricité, que la Sénélec, dans le cadre de son plan quinquennal, décide de se tourner vers le marché financier.

Recherche repreneur désespérément

L’emprunt obligataire que lance la société d’électricité du Sénégal ne met pas pour autant fin à la recherche d’un repreneur. Les conclusions de la  » Task force « , composée de la Banque mondiale, de l’AFD (Agence française de développement) et du gouvernement et chargée de réfléchir aux modalités de privatisation de la Sénélec, étaient attendues pour le début de l’année 2003. L’hypothèse d’un maintien de la propriété de l’Etat ne serait pas écartée, selon Sud Quotidien, dans la mesure où le déficit de puissance qui conduit la Sénélec à rechercher un repreneur est en partie surmonté.