La Saint-Valentin en Afrique

Cupidon est passé par là. Même si le concours du baiser le plus long n’est pas encore d’actualité, d’Alger à Kinshasa, les amoureux se préparent à déclarer leur flamme. La Saint-Valentin a le vent en poupe sur le continent africain. Plus particulièrement chez les jeunes qui, aussi bien qu’en Occident, célèbrent l’amour le 14 février.

Johanne, 22 ans, chargée de communication à Lubumbashi (République démocratique du Congo)

«C’est devenu une fête très importante à Lubumbashi. Tout le monde fait quelque chose pour l’occasion, surtout les jeunes. Depuis quelques années, on la célèbre car on sait que ça se fait partout dans le monde.»

Yannick, 28 ans, commercial à Lubumbashi

«Cette fête a pris de l’ampleur ici depuis le début des années 2000. Tout le monde la célèbre à sa manière. Certains vont en concert, en soirées, d’autres préfèrent faire du shopping pour profiter des réductions. C’est l’occasion pour les entreprises de vendre leurs produits en faisant des promotions. Comme les restaurants ou les bijouteries. L’année passée, j’ai fait une belle surprise à ma Valentine. J’ai acheté des pétales de fleurs que j’ai étalé dans toute la maison jusqu’à la chambre. Avant qu’elle n’arrive, j’ai fait la cuisine, parfumé la maison et mis de la musique douce. Nous avons dîné, mangé du chocolat, bu du vin qui m’avait été conseillé par un ami français. Puis je l’ai emmené vers le lit, qui était inondé de roses, ensuite vous pouvez imaginez la suite…»

Malan, 28 ans, étudiant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)

«Ici tout le monde est très branché sur la Saint-Valentin. Les médias sont les premiers à en faire la promotion. Il y a des publicités qui passent à la télévision et même des émissions. La fête s’est maintenant généralisée dans le pays, elle fait parti de la société. Les jeunes ne ratent jamais une occasion de la célébrer. Ils vont en boîte, au restaurant, font des promenades romantiques. Elle est très importante car c’est une façon de préparer sa vie future, jusqu’au mariage. Moi je vais offrir à ma fiancée des lettres d’amour, des bagues en formes de cœur et des bracelets.»

Amy, 20 ans, étudiante, en droit à Dakar

«Elle est très populaire dans le pays. Les amoureux s’offrent des fleurs, vont diner au restaurant, se disent des mots doux. L’année dernière mon Valentin m’a offert une carte de vœux et des petits nounours. Mais on vit une relation à distance, il n’habite pas dans la même région que moi, donc il n’y aura pas de Saint-Valentin pour moi cette année.»

Fahed, 41 ans, gérant d’une boutique de parfums à Alger (Algérie)

«Ici, à Alger, la Saint Valentin est très appréciée des jeunes qui saisissent l’occasion pour exprimer leurs sentiments. Les gens vont en soirées et s’offrent des cadeaux. C’est une belle opportunité pour les commerçants de vendre leurs produits. Moi je la fête tous les ans. Mais cette année, je ne sais pas encore ce que je vais offrir à ma fiancée.»

Karim, 28 ans, entrepreneur à Alger

«Je ne la fête jamais. Ça ne m’intéresse pas, elle n’a aucun intérêt. Bien sûr, il y a des couples qui la célèbrent, mais elle représente rien pour moi.»

Sounia, 27 ans, commerciale à Rabat (Maroc)

«Ici, les jeunes qui habitent dans les grandes villes adorent la Saint-Valentin. La plupart vont au restaurant, en boîte de nuit, et s’offrent des cadeaux. Il ya même des sites internet qui lui consacrent des dossiers spéciaux. Mais j’estime que ce n’est pas juste un jour bien précis de l’année qu’il faut célébrer l’amour, mais tout le temps. C’est pour cette raison que je ne la fête pas.»

Daniel, 40 ans, gérant d’un site internet à Douala (Cameroun)

«Je ne fête pas la Saint-Valentin, qui n’a aucune importance pour moi. A Douala, les commerçants en profitent pour faire fructifier leurs affaires. Ici, en général, les gens aiment bien cette fête car c’est une façon pour eux de se sentir branchés. Nous vivons beaucoup sur le modèle occidental. Surtout dans les grandes villes, c’est l’occasion de se retrouver entre amis, d’aller boire un coup dans les bars.»

Amadou Tamb, 42 ans, journaliste à Conakry (Guinée)

«Depuis 5 ou 6 ans, elle prend beaucoup d’ampleur en Guinée. Elle est bien suivie par la nouvelle génération pour qui elle représente, l’occasion d’échanger des cadeaux. Cet évènement très populaire est exploité à fond par les compagnies de téléphonie mobile qui lancent des concours du nombre de SMS envoyés. Moi, je célèbre la Saint-Valentin depuis 2 ans. J’emmène ma Valentine au restaurant et je lui offre des fleurs.»

Felicité, 47 ans, employée en pharmacie à Lomé (Togo)

«A Lomé, les jeunes s’y intéressent beaucoup. La télévision propose des émissions pour l’occasion. Mais cette année je n’ai pas de Valentin, donc je ne ferai rien.»

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