La République du Congo n’a plus de gouvernement

Un communiqué du directeur de cabinet du président de la République du Congo, Firmin Ayessa, a annoncé ce jeudi que « le Premier ministre, Monsieur Clément Mouamba, a présenté mercredi 16 août 2017 la démission du gouvernement au président de la République qui l’a acceptée ». Denis Sassou N’Guesso a ensuite pris, le 17 août, un décret mettant fin aux fonctions du Premier ministre et des membres du gouvernement, selon la même source.

Tout porte à croire que la nomination d’un nouveau Premier ministre ne saurait tarder, puisque le Premier ministre a ensuite réuni son gouvernement pour leur annoncer que la nouvelle équipe pourrait être rendue publique dans deux ou trois jours. Les ministres sortants devaient rester sur place au pays en attendant de connaître la composition du nouveau gouvernement.

Clément Mouamba (notre photo) avait été nommé Premier ministre le 23 avril 2016. Il avait ensuite composé un gouvernement de trente-neuf membres, le 30 avril, de la même année. Après l’adoption d’une nouvelle Constitution, le 25 octobre 2015, et la réélection du président de la République en mars 2016, son gouvernement devrait poursuivre la mise en place des institutions issues de la nouvelle République et mettre en œuvre la « rupture » tant prônée dans la gestion des affaires publiques, en vue de sortir le pays de la crise.

Mais, après les élections législatives et locales de juillet dernier et les changements à l’Assemblée nationale, un nouveau gouvernement était devenu nécessaire. Cette nécessité est également dictée par l’imminence des négociations avec le Fonds monétaire international et des réformes qui vont s’en suivre. D’où l’annonce faite par le président Denis Sassou N’Guesso, le 14 août dernier, sur la formation d’un nouveau gouvernement. Cela n’aura pas traîné.

« Je vais devoir m’appuyer sur un gouvernement efficace et résolument porté sur l’action. Un gouvernement qui sera entièrement mobilisé pour mettre en œuvre des réformes hardies et des politiques appropriées, afin de relancer la machine économique nationale, d’accélérer la sortie de crise, et de mettre l’ensemble du pays en marche vers le développement », assurait-il.

Des paroles qui étaient apparues comme un désaveu de l’équipe ministérielle sortante, au moins sur le plan économique. En effet, le nouveau gouvernement attendu dans les prochains jours sera appelé à mener des négociations avec le FMI et des « réformes hardies », selon l’expression du chef de l’Etat lui-même, en vue de sortir le pays des difficultés économiques nées de la baisse du prix de pétrole sur le marché international.