La réforme de la Justice marocaine

Le Ministère de la Justice marocain réforme sa politique de communication. Un projet sur cinq ans va former l’ensemble des juridictions du pays aux nouvelles technologies et créer son propre site et un réseau intranet entre les tribunaux.

Le Ministère de la Justice marocain s’ouvre à l’ensemble du monde judiciaire. Des réformes en perspective : du matériel informatique à disposition des magistrats, un site et l’utilisation d’un Intranet. Le ministère vient de créer son propre site web, vitrine de la justice, actuellement bilingue : arabe et français. Les rubriques d’actualités, d’informations générales, de textes de références, sur l’organisation et les structures, sur la carte judiciaire, l’annuaire des différents responsables au sein du ministère… sont une banque de données incontournables sur le monde judiciaire marocain.

Le Ministère met en place un programme d’initiation aux nouvelles technologies de l’informatique et de la communication (NTIC) pour les tribunaux marocains. Son objectif est d’introduire le produit bureautique et un logiciel judiciaire. Pour cela, l’ensemble des juridictions se forment aux technologies dans des centres à proximité des tribunaux. Microsoft, qui a signé un accord avec le gouvernement, s’engage à offrir des heures de formation, à proposer des tarifs préférentiels et à améliorer le système informatique.

Un système d’information globale

Pour mettre en commun toutes les informations relatives à leur domaine, un réseau intertribunaux va être mis en place. Pour l’instant, le commerce d’informations entre les tribunaux et l’administration à Rabat s’effectuait par le biais de réseaux de communication classiques : la poste et le téléphone.

Par la même occasion, les magistrats s’ouvriront sur la jurisprudence étrangère.  » Nous pourrons contacter les collègues à l’étranger. Nous avons le même fonctionnement avec la France, cela sera plus facile. Nous pourrons aussi mieux maîtriser le fonctionnement des tribunaux et les orienter vers une action plus efficace si un problème survient « , se réjouit Khalid Laraichi, directeur du budget et de l’équipement et l’un des initiateurs du projet.

Pour l’instant, le site ne contient que 5 à 10% d’informations que les magistrats veulent insérer. La première mise en ligne va être complétée et enrichie au fur et à mesure. Des appels d’offres, des cahiers de prescriptions spéciales, des formulaires en lignes (demandes d’extrait du casier…), autant de paperasses qui donneront au site sa vraie utilité, avec une dimension administrative.

 » L’embryon du site a été développé en interne. Quatre, cinq ingénieurs et graphistes ont travaillé avec l’information qu’ils avaient eux-mêmes. Maintenant, les 1000 personnes rattachées au Ministère de la Justice doivent correspondre et participer à l’élaboration du projet en apportant des informations sur le site « . Une dynamique qui signifie production, collecte de l’information, de l’actualité, mise à jour des dossiers, des bases de données.

Que ce soit les magistrats ou les greffiers, ils utiliseront désormais les nouvelles technologies au quotidien.