La reconnaissance du rap africain

Daara J, l’un des meilleurs groupes de rap du Sénégal, lance une offensive sur l’Europe. Sorti chez BMG, leur troisième album,  » Boomrang « , témoigne de toute la force du rap africain. Carrefour d’influences musicales, le disque conserve une forte identité culturelle et s’inscrit comme l’une des meilleures productions hip-hop du moment.

Daara J est dans la place. Le groupe de rap sénégalais débarque avec son nouvel album, Boomrang, une troisième production signée – s’il vous plait – dans une major, en l’occurrence BMG France. Le hip-hop sénégalais s’exporte. Et le trio va enfin pouvoir bénéficier de toute la promo qu’il mérite. Mélange de rap, ragga, soul ou latino, l’album sait garder une bonne cohérence et surtout une solide identité africaine. Il nous invite, de Dakar à Paris, à suivre quelques cours à  » l’école de la vie  » ( » Daara J  » en wolof).

N’Dongo D, Aladji Man et Faada Freddy sont parmi les pionniers du rap au Sénégal. Tous issus de la capitale, ils forment le groupe au début des années 90 et sortent leur première K7 en 1994. Ils sont depuis toujours ensemble et mûrissent, au fil du temps, leur propre son, résultat de ce qu’ils sont, fruit d’influences assimilées.

Rokia Traoré, Disiz la Peste, China et Sergent Garcia

Plusieurs featurings de prestiges ont été invités à participer à l’album. En l’image de la diva malienne, Rokia Traoré, du rappeur franco-sénégalais Disiz la Peste, de la chanteuse soul China (la fille de la jazzwoman Dee Dee Bridgewater) et du Français Sergent Garcia (latino). Mais l’intérêt de Boomrang ne réside pas là, puisque les meilleurs morceaux du disque ont été réalisés sans apports extérieurs.  » Esperanza  » est par exemple l’un des titres phares de l’album. Superbe ambiance latino chargée de vie et de fraîcheur, où nos trois compères s’en donnent à coeur joie. Le ragga de  » Babylone « , la sensibilité de  » Exodus  » ou le tempo martelé de  » Magg Dan  » en séduiront également plus d’un.

On notera la présence de guitares sèches sur certains titres. On reprochera en revanche à certains beats de l’album se s’écarter des racines africaines du groupe pour nous offrir des productions robustes mais sans véritable originalité. Reste que Daara J s’impose, avec Boomrang, comme l’un des incontournables du rap francophone et africain, apportant indéniablement un nouveau souffle à une scène française en plein marasme.

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