La RDC reste sur l’orbite des investisseurs étrangers

Après la Belgique, ancienne puissance coloniale, l’Italie, la Suisse, etc., d’autres puissances économiques continuent à courtiser le potentiel économique de la République démocratique du Congo. Le dernier pays en date est le Portugal, qui vient d’annoncer son retour en République démocratique du Congo (RDC) en investissant dans plusieurs domaines tels que le commerce, l’industrie, les finances, l’énergie et les télécommunications.

Notre correspondant à Kinshasa

Dans une déclaration faite mercredi 7 novembre dernier, à Kinshasa, le président de la Chambre de commerce portugais, Carlos Bayan Ferreira, estime avoir «obtenu auprès des membres du gouvernement congolais des informations et des données nécessaires et suffisantes pour que Lisbonne matérialise au plus vite sa volonté de venir investir en RDC ». Aussi, la connaissance du terrain va faciliter l’implantation des entreprises portugaises, a indiqué M. Ferreira, à l’issue d’une séance de travail qui a réuni des membres du gouvernement congolais conduits par le ministre près le Premier ministre, Godefroid Mayobo, et une importante délégation d’hommes d’affaires portugais, parmi lesquels des investisseurs de premier plan dans les secteurs de la banque, de l’énergie et des télécommunications.

Pour sa part, le vice-ministre congolais du Budget, Célestin Mbuyu, s’est félicité de la disponibilité du Portugal à contribuer à l’exécution des chantiers prioritaires du gouvernement congolais. « Le Portugal trouvera assez d’espaces et de domaines pour appuyer la RDC dans sa phase cruciale de reconstruction. En plus de la Chine, le Portugal est attendu pour faire croître les affaires en République démocratique du Congo, développer les infrastructures à l’instar de la voie ferrée et de la voie fluviale qui nécessitent réhabilitation avant l’exploitation », a poursuivi le vice-ministre congolais.

L’intégration économique, également dans l’agenda de la SADC

Cette ruée d’investisseurs occidentaux et asiatiques rivalise avec la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Cette puissante organisation régionale, fondée en 1992, veut intensifier les relations commerciales entre ses 14 membres dont l’Angola, le Botswana, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. C’est le résultat de la session extraordinaire des ministres, chargé d’analyser les questions liées à l’intégration économique de la région, qui s’est tenue en Zambie les 8 et 9 novembre.

Cette réunion fait suite à une directive des chefs d’Etat et de gouvernement de la région, certainement, au regard de la convoitise dont sont l’objet plusieurs Etats de la région, dont particulièrement la Rdc, indique un diplomate africain. Il s’est agi aussi d’évaluer les propositions de restructuration du secrétariat de l’organisation, dans le but de créer des dynamiques majeures dans des secteurs clé tels que les infrastructures et le développement humain, afin de permettre l’harmonisation dans tous les domaines.

La percée chinoise

Il y a quelques jours, la presse congolaise faisait état de « la percée chinoise (en RDC) qui inquiète le FMI et la Banque mondiale, tout en semant la panique dans les rangs des bailleurs de fonds, les Etats-Unis y compris ». Dès lors que la dette enrichisse les pays riches, les conditions «consensuelles » de remboursement de la dette introduite par la Chine dérangent les partenaires traditionnels, écrivait le journal Le Potentiel de Kinshasa, à la veille du voyage du Président congolais, Joseph Kabila, aux Etats-Unis. Pour le moment, d’autres pays observent encore, ou hésitent encore.

Tout passe par le retour de la paix

La relance économique de la RDC a pour condition le retour de la paix dans l’ensemble du pays, particulièrement dans l’est. Et de bonnes nouvelles viennent de Nairobi (capitale du Kenya), où la RDC et le Rwanda viennent de signer un accord important. Il s’agit d’un document signé samedi 10 novembre dans lequel Kinshasa s’engage à élaborer pour début décembre un plan pour éliminer la menace constituée par les rebelles hutus rwandais basés dans l’est du pays et à lancer d’urgence des opérations militaires contre ces groupes. Kinshasa « s’engage à préparer pour le 1er décembre 2007 un plan détaillé pour désarmer les ex-FAR/Interahamwe et éliminer la menace qu’elles constituent », affirme ce document adopté dans la nuit de vendredi à samedi et signé conjointement par les ministres congolais et rwandais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi et Charles Murigande, à l’issue d’une réunion entre les gouvernements congolais et rwandais destinée à adopter une « approche commune » pour ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Des représentants des Nations Unies, de l’Union européenne et des Etats-Unis ont ajouté leurs signatures en tant que témoins.

Cet accord prévoit que la RDC va « lancer d’urgence des opérations militaires pour démanteler les ex-FAR/Interahamwe » qualifiés dans le document d' »organisation génocidaire-militaire ».
« Ces opérations devraient être conduites simultanément avec les opérations de démantèlement des autres groupes armés illégaux au Nord et au Sud-Kivu », provinces de l’est de la RDC ravagées par les violences, ajoute le communiqué.
De son côté, le Rwanda s’est engagé à prendre « les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière et empêcher l’entrée ou la sortie de membres de tout groupe armé, en particulier de celui du chef de milice dissident (Laurent) Nkunda, et d’empêcher que toute forme de soutien – militaire, matériel ou humain – soit fourni à aucun groupe armé en RDC ».

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