La RDC joue la carte du parc des Virunga pour faire sanctionner le Rwanda

Félix Tshisekedi
Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a saisi l’opportunité du premier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur les aires protégées d’Afrique pour réclamer des sanctions contre le Rwanda.

Depuis lundi, les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les populations autochtones et les communautés locales, ainsi que le monde universitaire sont réunis à Kigali, capitale rwandaise, pour débattre, entre autres sujets, sur les enjeux de la protection de la nature. Au cœur de ces échanges sur les aires protégées, le gouvernement rd-congolais, par la voix de son ministre du Tourisme, a appelé à des sanctions à l’encontre du voisin de l’Est, le Rwanda.

Face à la presse, Modero Nsimba a lancé : «Sachez que le pays qui vous reçoit soutient un groupe rebelle M23 qui tue, pille et saccage une aire protégée inscrite sur la liste du patrimoine mondial, le parc des Virunga». Le ministre du Tourisme a ajouté : «il faut que les participants à la réunion de Kigali et la communauté internationale condamnent formellement le Rwanda et se lèvent pour protéger le parc des Virunga, ce patrimoine mondial, comme le monde s’était levé unanimement lorsque les mosquées de Tombouctou au Mali ont été attaquées».

Pour ce membre du gouvernement congolais, à défaut de décrocher cette condamnation, son pays va «proposer la militarisation des aires protégées de l’Est de la RDC». Selon lui, «il est anormal que le Parc des Virunga soit géré par un Belge, que des chercheurs britanniques viennent y travailler alors que tout le monde est indifférent au drame imposé par le Rwanda». Pour sa part, Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, estime qu’une condamnation du «pays agresseur permettra de tirer des conséquences diplomatiques qui s’imposent».

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