La question du terrorisme à la une de la presse mauritanienne

L’attaque terroriste de dimanche et lundi dernier, dans la localité de Tourine (80 kilomètres au Sud –Est de la ville de Zouerate, elle-même située à plus de 600 kilomètres au Nord de Nouakchott) attribuée à la branche maghrébine de la nébuleuse terroriste internationale Al Qaida, et à l’origine de la disparition de 12 soldats, a été le principal sujet commenté par la presse parue en Mauritanie cette semaine.

Dans un éditorial publié jeudi, le quotidien Biladi fait part de sa vive préoccupation, affirmant que « le terrible événement du 14 septembre renvoie à la question de savoir si la Mauritanie pourrait jamais se considérer comme une nation quand le massacre de ses soldats apparaît comme un simple sujet de conversation de salons, ou l’occasion de régler quelques comptes politiques ».

Le même organe constate qu’en dépit « des cris lancés çà et là, l’attaque de Tourine ne remue vraiment pas la classe politique, occupée surtout à soutenir ou à demander le départ du Haut Conseil d’Etat (HCE), la junte militaire au pouvoir depuis le 6 août 2008.

Le quotidien L’Authentique du jeudi se pose également une foule de questions à propos de ces violents affrontements. Sous le titre « Que s’est-il réellement passé à Tourine » ?, il se demande s’il ne s’agit-il pas « d’un montage destiné à détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale hors du champ de vision de la scène institutionnelle de Nouakchott » ?

Evoquant le communiqué attribué à la branche d’Al Qaida au Maghreb, qui revendique l’attaque, Tahalil, pour sa part, met fortement en doute son authenticité en faisant remarquer notamment qu’il ne commence pas par le procédé habituel de récitation d’un verset du saint Coran.

Le Quotidien de Nouakchott pose, de son côté, la question de savoir si les auteurs de l’attaque « ont fait des prisonniers » ?, avant de remarquer que « les terroristes sont passés au stade d’exécution des menaces proférées contre le nouveau régime, prétendument à la solde de l’Occident ».