La prison n’est pas une honte

Papa Wemba est sorti de prison jeudi dernier après près de quatre mois d’incarcération pour son implication présumée dans une filière d’immigration clandestine. A l’occasion d’une visite informelle à l’ambassade du Congo (RDC) à Paris, il s’est entretenu pour la première fois depuis sa remise en liberté avec les journalistes.

C’est un Papa Wemba détendu et serein qui est apparu mardi après-midi à l’ambassade du Congo (RDC) à Paris à l’occasion d’une visite de courtoisie chez le maître des lieux. Après trois mois et demi d’incarcération dans le cadre d’une affaire de filière d’immigration clandestine, l’artiste congolais a été placé en libération provisoire par la justice française moyennant une caution de 30 000 euros. Caution qui aurait été payée par les autorités congolaises. Si le chanteur se refuse à tout commentaire concernant son procès encore en instruction, il revient sur l’épreuve qu’il a traversé et qui l’a rendue plus fort.

Afrik : Pouvez-vous nous parler de vos procès ?

Papa Wemba : Je ne peux pas encore trop me prononcer tant que la justice n’a pas tranché. Je tiens juste à dire que j’ai confiance en la justice.

Afrik : Vous étiez en train de travailler sur un album quand vous avez été arrêté. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Papa Wemba : J’ai toujours dit à mes amis que lorsque je sortirai, c’est mon art qui reprendrait le dessus. Je suis allé ce matin (mardi, ndlr) à la maison de disques, les musiciens ont déjà envoyé de Kinshasa une première mise à plat de dix titres que j’ai écouté. Sauf imprévus, je vais pour ma part en rajouter d’autres. J’ai notamment écrit un titre en cellule qui s’intitule  » Numéro d’écrou « .

Afrik : L’épreuve que vous avez traversé pourra-t-elle vous servir d’argument marketing pour votre prochain album ?

Papa Wemba : Je crois que cela va de pair. Cela va me servir. A toute chose, malheur est bon.

Afrik : A quand la première production après la libération de Papa Wemba ?

Papa Wemba : Normalement, avant la fin de l’année. Peut-être à la rentrée, en septembre.

Afrik : Comment avez-vous vécu votre séjour en prison ?

Papa Wemba : La prison n’est pas une honte. Je ne suis ni un violeur, ni un assassin, ni un escroc. J’étais très zen, très fort dans ma tête même si à 53 ans, c’était la première fois que je mettais les pieds dans ce genre d’endroit. C’est à chacun de gérer son mental. J’ai eu le temps de comprendre beaucoup de choses là-bas. J’ai 54 ans dans trois jours. C’est comme une nouvelle naissance pour moi.

Afrik : De retour de prison, vous vous êtes arrêté à la cathédrale d’Evry pour vous recueillir. La religion vous a-t-elle aidé à traverser l’épreuve ?

Papa Wemba : Je remercie tout ceux qui m’ont soutenu par leurs prières. Notamment le pasteur John Ngefa, à Kinshasa, qui a fait des jeûnes et s’est prosterné, implorant le Seigneur pour qu’il me vienne en aide. Dans ma cellule, je me suis rendu compte que Dieu est grand et miséricordieux. Je ne mâcherai plus mes mots pour dire aujourd’hui que je suis son serviteur.

Afrik : Peut-on connaître le nom de quelques musiciens qui vous ont écrit en prison ?

Papa Wemba : (rires) Durant mes trois mois et demi de cellule, j’ai reçu près de 800 courriers de soutien. Je remercie du fond du coeur tout ceux qui m’ont écrit. Je ne vais pas commencer à citer ceux qui m’ont écrit et ceux qui ne l’ont pas fait. Je remercie tout ceux qui m’ont soutenu. Soit par leurs prières, soit par leurs courriers, soit en allant rendre visite à ma famille ou à mes musiciens.

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