« La princesse et la grenouille » : une héroïne plus verte que noire


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princesse et la grenouille
princesse et la grenouille

Après Pocahontas, Jasmine et Mulan, le monde merveilleux de Walt Disney accueille une nouvelle princesse « issue de la diversité », la belle Tania. Les studios sortent la carte Obama en créant une héroïne afro-américaine dans leur dernier dessin animé intitulé La Princesse et la grenouille qui sort le 27 janvier, dans les salles françaises.

Tania, la première princesse à la peau noire n’a rien à envier aux personnages féminins précédents. Belle, intelligente, indépendante, cette jeune femme n’a qu’un rêve : ouvrir un restaurant à La Nouvelle-Orléans. Mais la rencontre d’un mystérieux prince nommé Naveen de Maldonia va compromettre ses projets… Transformé en grenouille par le Dr. Facilier, un terrifiant magicien vaudou, il doit pour retrouver sa forme humaine, embrasser une princesse. Mais il tombe sur Tania, qui n’est qu’en fait qu’une simple serveuse. Cette erreur tactique change la jeune femme en amphibien qui, au final, passera les trois quarts du dessin animé en vert.

Un air de « déjà-vu »

L’action se déroule dans la Louisiane des années 20 où la musique jazz est reine. Une ambiance que les studios Disney ont su recréer à la perfection. On déambule avec plaisir dans les vieux quartiers coloniaux accompagné de Tania et on se laisse bercer par les petites fanfares qui rythment la ville. L’histoire d’amour est simple mais néanmoins efficace. Elle reprend les bonnes vieilles ficelles des dessins animés précédents : un beau et riche jeune homme qui s’éprend d’une belle mais pauvre jeune fille. Une rencontre amoureuse qui devrait faire plaisir aux plus jeunes. Au niveau graphique, les personnages de « La Princesse et la grenouille » ont un air de « déjà-vu ». Le sorcier maléfique, le Dr. Facilier, pourrait être le frère caché de Jafar, le méchant vizir dans Aladin, et le prince Naveen, le cousin éloigné du prince Ali.

Ségrégation or not ?

Le choix de l’époque laisse également un peu dubitatif. Les allusions à la ségrégation dans les années 20 se font rares. Ainsi, devine-t-on, au hasard de quelques images, les tensions qui règnent entre les Noirs et les Blancs. Par exemple, au début du film, quand un enfant et sa mère entrent dans un bus et qu’ils s’installent au fond, dans la partie réservée au Noirs. Mais rien de plus. A part peut-être, le personnage de Louis, un alligator du marais, passionné de jazz et joueur de trompette qui se fait à chaque fois expulser des groupes de musique parce-qu’il fait peur. Une manière métaphorique de rappeler l’interdiction faite aux Noirs de rentrer dans un orchestre. Moralité : Walt Disney continue de protéger son monde enchanté où tout s’arrange sans grandes difficultés…

Stéphanie Plasse
LIRE LA BIO
Stéphanie Plasse est une journaliste d'investigation française. Elle a débuté au sein de la rédaction d'Afrik.com de 2007 à 2010 avant de collaborer avec de nombreux médias de référence : Disclose, StreetPress, TV5 Monde Les Jours, mais aussi Slate.fr, Slate Afrique, Rue 89 et Les Inrocks . D'abord spécialisée dans l'actualité africaine, elle s'est ensuite orientée vers les enquêtes et reportages de société en France, avec un engagement particulier pour les questions de handicap et de violences sexuelles. Ses investigations sur les discriminations subies par les femmes handicapées et les défaillances dans leur prise en charge par les forces de l'ordre ont contribué à mettre en lumière des réalités trop longtemps invisibilisées.
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