La presse sud-africaine diffuse des photos interdites de la propriété des Zuma

Jacob Zuma fait de nouveau la Une en Afrique du Sud. En 2012, il est accusé d’avoir utilisé près de 20 millions de dollars sur les fonds publics pour rénover sa demeure privée. Cette année, la presse a décidé de publier des photos de sa résidence rénovée, bravant ainsi un interdit gouvernemental.

La presse sud-africaine a bravé l’interdit du gouvernement en publiant des photos de la demeure du Président Jacob Zuma. En diffusant ces clichés interdits, elle a voulu dénoncer la rénovation de la demeure privée de Zuma en 2012 et dont le coût s’élève à plusieurs millions de dollars financéés sur des fonds publics. L’utilisation des fonds publics avait provoqué la colère de la population.

L’interdiction de publier les photos de la résidence Zuma émanait jeudi du ministre de la Sécurité d’Etat, Siyabonga Cwele, affirmant que la diffusion de ces photos violerait les lois sur la sécurité. « Personne, y compris les médias, n’est autorisé à prendre et publier des images précisant même les possibles mesures de sécurité », a-t-il dit. D’après lui, « cela ne se fait nulle part. Nous n’avons pas vu des images de la Maison Blanche montrant les dispositifs de sécurité. Cela ne se fait dans aucune démocratie », avait ajouté M. Cwele.

Dans un pays où des millions d’habitants vivent de subventions sociales, la décision de la Présidence de dépenser 20 millions de dollars piochés directement dans la caisse des contribuables a provoqué le choc. L’interdit du gouvernement n’a donc pas découragé de nombreux journaux sud-africains prêts à dénoncer ce geste et vont même jusqu’à défier le pouvoir en publiant des photos aux titres provocateurs. Le Times par exemple publie en première page une photo aérienne du domaine sous le titre : « Eh bien, arrêtez-nous ». Le Star a également publié une photo en Une, barrée d’un X rouge et avec en légende : « Ne regardez pas ce que les ministres ne veulent pas que vous voyez ».

L’association des éditeurs de presse sud-africains s’est dite « déçue et choquée » de la demande gouvernementale. Un des responsables de l’association, Adriaan Basson, affirme que son organisation est déterminée à poursuivre la publication des photos afin de « continuer à assumer notre rôle de gendarme de la bonne utilisation des fonds publics », dit-il.

Les mesures de sécurité de la demeure, située à Nkandla, dans la province du KwaZulu-Natal, comprennent une zone d’atterrissage pour hélicoptère, des bunkers souterrains, des clôtures et une clinique.