La présidence nigériane dément tout complot contre le Delta du Niger

La présidence nigériane a démenti les allégations du Vice-président Atiku Abubakar selon lesquelles, elle prévoyait d’acheter des armes d’une valeur de 2 milliards USD, pour réprimer la population du Delta du Niger. Une la région où un militantisme séparatiste croissant a réduit la production pétrolière de 20 pour cent.

Un collaborateur du président, Uba Sani, a déclaré à la presse, mercredi à Abuja, que les déclarations faites par le vice-président lors du lancement de sa campagne présidentielle, mardi, dans la capitale nigériane, n’était que le « produit de son imagination et visait à faire échouer le programme de transition politique du pays ».

M. Sani a qualifié ces allégations de « mensonges éhontés et dangereux (…) et une tentative calculée de créer une crise d’une proportion monumentale dans le pays ».

Il a estimé que les accusations de M. Abubakar confirmaient les informations des Services de sécurité selon lesquelles, le vice- président était de mèche avec des personnes occultes pour utiliser le Delta du Niger comme une rampe de lancement pour leur complot en vue de destabiliser le pays.

« Nous voulons dire au (vice-président) Atiku et à ses co- conspirateurs de renoncer sur-le-champ à leur entreprise de destruction. Le gouvernement exercera la loi contre toute personne qui conspirerait contre la République fédérale du Nigeria. Les Services chargés de faire respecter la loi ont été placés en état d’alerte totale » a poursuivi M. Sani.

Obasanjo accusé de s’armer contre l’irrédentisme dans le Delta

Le vice-président du Nigeria, Atiku Abubakar avait accusé, mardi, l’administration du président Olusegun Obasanjo de projeter d’acheter des armes pour une valeur de deux milliards de dollars américains afin de lutter contre l’irrédentisme croissant dans la région du Delta du Niger.

« Il y a quelques semaines, ce gouvernement a approuvé un budget de plus de deux milliards de dollars US pour acheter des armes et non développer le Delta du Niger, mais pour réprimer la population de la région », a dit M. Abubakar, dans un discours prononcé à l’ouverture de son bureau de campagne à Abuja.

« Si nous orientons cette quantité d’argent dans le développement du Delta du Niger, personne dans la région ne voudra prendre les armes », a-t-il affirmé.

Les journaux locaux rapportent, ce mercredi, que la présidence a promis de réagir sous peu à ces allégations.

Cette révélation pourrait susciter un nouveau débat sur le succès ou les tactiques du gouvernement pour étouffer la violence dans la région pétrolifère, où les prises d’otages et attaques persistantes contre les infrastructures pétrolières ont réduit la production d’or noir du pays de 20%.

L’année dernière, le gouvernement fédéral a ordonné une répression militaire contre les militants séparatistes et criminels de la région, mais cela n’a pas encore eu d’effets.

Les militants séparatistes de la région luttent pour avoir davantage de contrôle sur les ressources pétrolières, en faisant valoir que des années d’exploration pétrolière dans leur région les avaient appauvris.

Des criminels à la recherche de rançon pour la libération des otages ont également profité de la situation pour transformer le Delta du Niger en zone dangereuse, particulièrement pour les travailleurs expatriés qui sont kidnappés en masse.

Ce dossier empoisonne la vie politique nigériane. Les rapports entre le président nigérian Olusegun Obasanjo et son adjoint et ex- allié, Atiku Abubakar, se sont sérieusement déteriorés ces derniers mois, à tel point que les deux hommes en étaient arrivés à s’échanger des injures en public.