La présence militaire française renforcée en Centrafrique après l’attaque de Birao

La France renforce sa présence en Centrafrique après avoir de nouveau permis à l’armée nationale de maîtriser les rebelles qui ont attaqué samedi la ville de Birao, au nord du pays. Par cette attaque, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) affirme de fait qu’elle ne reconnaît pas l’accord de paix signé début février par un autre mouvement rebelle.

Une centaine de parachutistes des forces françaises au Gabon est arrivée dimanche à Bangui, en renfort des 200 soldats stationnés dans la capitale de Centrafrique. Le même jour, un accrochage a eu lieu entre l’armée française et les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), à Birao, une ville géographiquement stratégique située à 800 Km au nord-est de Bangui. Les deux camps se sont renvoyés la responsabilité de l’attaque.

« Des rebelles ont attaqué le campement où sont stationnés nos militaires. Il n’y a pas eu de blessés. Les soldats agressés ont riposté fermement et des Mirage F1 sont intervenus. Plusieurs pick-up rebelles ont été détruits », a déclaré à l’AFP le commandant Christophe Prazuck, porte-parole de l’état-major, qualifiant l’attaque de « délibérée ». Il a précisé que les combats ont « rapidement cessé » mais que des Mirage français « prêts à l’appui-feu » survolaient toujours « en quasi-permanence » Birao.

Pour leur part, les rebelles de l’UFDR, qui avaient pris Birao samedi matin avant d’être repoussés par les Faca (Forces armées centrafricaines) et les militaires français, ont affirmé que ce sont ces derniers qui les ont attaqués. Le lieutenant Kader Kannengad a précisé à l’AFP que les combats n’ont fait aucune victime au sein des forces de l’UFDR, mais que « les bombes ont brûlé des maisons et tué des civils ». Le mouvement rebelle a demandé à la France de cesser de s’ingérer dans les affaires centrafricaines.

L’accord de paix de Syrte rejeté

Quoi qu’il en soit, l’attaque menée samedi par l’UFDR sur Birao semble être une réponse à l’accord de paix signé le 2 février dernier par Abdoulaye Miskine, à Syrte, en Libye. Le président du Front démocratique du peuple centrafricain (FPDC), un autre groupe rebelle, se présente également comme le chef d’état-major de la coalition des mouvements qui s’opposent depuis plusieurs mois au gouvernement de François Bozizé depuis le nord du pays. Ancien général centrafricain sous le régime Patassé, il avait paraphé l’accord de Syrte au nom de l’UFDR, dans l’attente que son chef, Abakar Sabone, actuellement emprisonné au Bénin à la demande de Bangui, ne le signe.

L’accord prévoyait la cessation des hostilités, le cantonnement des troupes des deux groupes dans un lieu à déterminer, puis leur intégration dans l’armée centrafricaine ou leur réinsertion dans la vie civile.

Droit photo : Jean François Garmy : 1995, Mirage F1 au dessus du Tchad