La Police kenyane arrête 10.000 membres d’une secte

Le commissaire de Police, le général de Division Hussein Ali a annoncé mardi à Nairobi l’arrestation par ses forces de plus de 10.000 membres d’un groupe militaire quasi- religieux illégal, accusés de meurtres violents depuis le début de l’année.

M. Ali a fait cette annonce en même temps que celle de l’interdiction des rassemblements politiques non-autorisés, afin de parer à toute escalade de la violence politique en prévision des élections générales qui se tiendront en décembre de cette année.

« Je souhaite avertir tous les hommes politiques que personne n’est autorisé à tenir des discours provocateurs, injurieux ou humiliants contre ses adversaires et particulièrement le chef de l’Etat dans le cadre de la campagne électorale », a avertit le chef de la Police kenyane dans un communiqué.

M. Ali a indiqué que la majorité des 10.000 membres de Mungiki, une secte interdite qui prône l’excision et dont les adeptes sniffent du tabac et fument du cannabis et prient en faisant face au Mt Kenya, ont été arrêtés à Nairobi et dans ses environs, où ils sont constamment en conflit avec les propriétaires des véhicules de transport public pour le contrôle du secteur lucratif du transport public.

La secte Mungiki exige des frais de protection de 5 dollars par véhicule pour les milliers de bus qui assurent le transport public à Nairobi et dans sa banlieue.

Le commissaire de Police a déclaré que « le vide créé par l’incapacité de certains conseils municipaux à assurer la sécurité au niveau des terminus des autocars a permis au fil des ans aux membres du Mungiki d’extorquer des fonds aux transporteurs ».

Il a déploré le fait que malgré les torts causés au public innocent par cette secte, cette dernière bénéficiait toujours du soutien de hauts responsables du gouvernement, dont des ministres de la région centrale du Kenya.

« Malheureusement, il y a des défenseurs de Mungiki qui sont toujours prêts à condamner la Police pour sa répression de cette secte, a-t-il souligné.

Il a averti: « toute personne qui incite la population à la violence, menace ou profère des menaces ou participe à des actes violents sera rapidement appréhendée et traduite en justice, quelle que soit sa position dans le gouvernement ou l’opposition ».

Le commissaire de Police a également déclaré illégales les tournées impromptues de rencontre avec les populations par les hommes politiques pour solliciter du soutien pour leurs partis.