La police du Zimbabwe reconnaît ses torts dans le drame du Stade national des sports

La police zimbabwéenne a reconnu sa part de responsabilité dans les événements qui ont causé la mort de treize personnes le 9 juillet dernier.

 » L’action de nos officiers de police qui étaient en service ce jour-là laisse beaucoup à désirer «  a reconnu à l’agence Reuters, mercredi 19 juillet, le préfet de police Augustine Chihuri. Cinq officiers sont susceptibles d’être poursuivis pour homicide volontaire. Treize personnes sont mortes et des centaines blessées dans un mouvement de foule lors de la rencontre Zimbabwe-Afrique du Sud, qualificative pour le mondial de 2002.

A la quatre-vingt-deuxième minute de jeu, l’équipe d’Afrique du Sud donne le coup de grâce en marquant un deuxième but. La police envoie alors des gaz lacrymogènes pour calmer le public. La panique s’empare des 40 000 spectateurs, et le drame se produit.

Enjeux politiques

Jusqu’à présent, les responsabilités sont mal définies. En toile de fond de cette catastrophe, les enjeux sont politiques. Selon des témoins visuels, des parties entières du public manifestaient une opposition farouche au président Robert Mugabe.  » Chinja ! «  (changement) : tel était le chant des spectateurs avant le coup d’envoi, en soutien au Mouvement pour un changement démocratique (MDC), parti d’opposition. Pour le journal zimbabwéen The Independent, M.Mugabe ne se serait pas rendu à la rencontre, averti des risques qu’il encourait. La police est soupçonnée par le MDC d’avoir réagi démesurément. De son côté, Chihuri accuse le MDC d’avoir manipulé la foule.

En juin dernier, l’opposition a remporté les élections à Harare et dans d’autres villes. Empêchés de fêter la victoire, les partisans du MDC auraient saisi l’occasion du match pour le faire. La fête a viré à l’horreur.