La plainte contre Soro Guillaume est un bruit médiatique d’un camp aux abois !

Plainte fondée contre Soro ou combat d’arrière garde médiatique d’un clan Gbagbo désemparé et aux abois ? Edito.

Telle est la question que toute personne avisée, dotée d’un esprit critique, ne manque pas de se poser devant cet évènement incongru qui survient à un moment où l’on pourrait raisonnablement penser que le destin judiciaire de l’ex-chef de l’Etat ivoirien est scellé ! Inculpé par la CPI sous la charge de crimes contre l’humanité, ce dernier n’a pourtant eu aucun mot pour les victimes innombrables de la crise post-électorale que son refus de céder le pouvoir a provoquées ! Cette interrogation est d’autant plus légitime, qu’à cette monstrueuse dureté de cœur, s’ajouta une volonté présomptueuse de tourner le Tribunal en ridicule. Le massacre ignominieux des femmes d’Abobo fut tout simplement présenté par la défense du dictateur comme un « complot du mouton » et une mise en scène des victimes. Cette attitude, pour le moins surprenante, de la part d’un ancien chef d’Etat, choqua autant les professionnels de la justice que l’auditoire ! Est-il besoin de souligner qu’adeptes de la théorie du complot, l’ex-chef d’Etat, sa défense et ses réseaux, continuent de récuser le chef d’accusation pénal de crimes contre l’humanité qui pèse sur l’accusé au profit d’un chef d’accusation politique reposant sur un complot de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo ?

L’on est donc en droit de s’interroger sur la finalité réelle de cette plainte farfelue et hors de propos opportunément engagée contre une autorité politique centrale du nouveau Pouvoir ivoirien par l’entourage d’un ex-chef d’Etat qui tente obstinément et vainement de transformer son inculpation pénale en inculpation politique. Déposée par l’entourage et le clan d’un ex-chef d’Etat insoucieux de l’intérêt général et du bien-être collectif, qui mit la Côte d’Ivoire sous la coupe réglée de ses escadrons de la mort et qui continue d’enrager d’avoir été congédié par la majorité du peuple ivoirien à l’élection présidentielle, cette plainte politique n’a qu’un objet : porter atteinte à la stabilité d’une Côte d’Ivoire en pleine reconstruction ! Son objet ultime est de faire du bruit médiatique, de faire pression en agitant la menace du chaos pour tenter d’obtenir la relaxe du père si peu soucieux des droits humains et du droit tout court au point de provoquer la guerre civile en Côte d’Ivoire en raison de sa passion démesurée du pouvoir personnel ! Cette plainte farfelue – la énième dans une interminable liste – pour violation des droits de l’homme, qui ne trompe que ceux qui prennent des vessies pour des lanternes et qui ne s’adresse qu’à la foule tumultueuse des adorateurs du boucher des lagunes afin de regonfler un morale en berne, est à prendre pour ce qu’elle est : du vide et du vent !

Ici encore, fidèle à la logique instrumentale, cannibale et sacrificielle qui guide sa vision du monde, la situation judiciaire du fils Gbagbo va être utilisée par le camp Gbagbo au profit de celle du père, en déstabilisant au passage le fragile équilibre de la Côte d’Ivoire patiemment reconstruit avec abnégation par le nouveau gouvernement ivoirien dont il continue, tel un somnambule, de contester la légitimité ! A n’en point douter, ce nouvel épisode du cirque tragi-comique qui se joue dans le camp Gbagbo, depuis sa perte traumatique du pouvoir d’Etat, et dont une nouvelle partition scande chaque événement important en côte d’Ivoire pour tenter de le perturber, continuera de plus belle jusqu’au procès final en Mai 2013. Ce cirque se fera de plus en plus bruyant ! On peut imaginer qu’aux environs de la fin Avril une autre plainte tout aussi farfelue sera peut-être déposée contre le Président de la République en personne ! Contre les généraux de l’armé ! Des plaintes pour violation des droits de l’homme, violation dont ils ne voudront pas parler ou qu’ils contesteront dès que Laurent Gbagbo en sera accusé, seront déposées contre des ministres, des commissaires de police de la République de Côte d’Ivoire ! Peut-être même aussi contre de simples citoyens ordinaires au patronyme « douteux » ! Une campagne médiatique effrénée déjà commencée et menée tambour battant par les relais locaux et occidentaux bien connus de cette Françafrique de gauche qui soupa si goulûment à la table du dictateur déchue, garnie de victuailles volées au peuple de Côte d’Ivoire, se fera de plus en plus stridente !

Ce sera sûrement le dernier acte de ce théâtre pathétique que n’applaudira personne, et dont l’échec pitoyable contraindra les comédiens penauds à redescendre dans la réalité pour tenter participer raisonnablement à la reconstruction démocratique de la nation ivoirienne, en acceptant de consentir à l’indispensable repentir collectif que leur hubris rend nécessaire.