La peur s’empare des ivoiriens à l’approche du 30 octobre

Les Ivoiriens, partagés entre crainte et espoir, commencent à s’interroger sur ce que leur réserve l’avenir, alors qu’approche la date fatidique du 30
octobre, qui marque, en principe, la fin officielle du mandat du président Laurent Gbagbo.

Ces sentiments de peur et d’espoir sont d’autant plus présents chez tous qu’ils sont entretenus par les positions tranchées des deux camps en présence, le camp présidentiel et celui de l’opposition armée et civile.

Dans le premier, l’on demande une prolongation du mandat de M. Gbagbo afin de lui permettre d’organiser les élections « après le désarmement des ex-combattants », mais de l’autre côté, l’opposition est catégorique: « après le 30 octobre, Gbagbo n’est plus président. Il faut donc une transition pour achever le processus de réunification du pays avant l’organisation d’élections « transparentes, justes et ouvertes ».

Même la rentrée scolaire, pourtant fixée par le ministère de l’Education nationale au 10 octobre, ne pourra se faire, de l’avis de plusieurs parents d’élèves et d’employés de certains établissements scolaires.

Le pays dans l’attente

« On ne sait pas ce qui va se passer le 30 octobre, donc je
préfère attendre après cette date pour inscrire mes enfants à l’école. Pour le moment, on s’occupe des provisions pour la maison, afin de pouvoir supporter l’après 30 octobre », raconte un parent d’élève, M. Yao Kassi Théodore de Yopougon, une des communes d’Abidjan.

« Chaque année, à pareil moment, nous avons déjà bouclé les
inscriptions, mais cette année, les parents tardent à venir
inscrire leurs enfants. Il n’y a pas d’affluence, on sait que c’est à cause de la crise, mais surtout à cause de la date du 30 octobre qui est au centre des débats actuellement », fait remarquer Mme Kouassi, agent à l’administration de l’école primaire privée « Les Libellules », à Yopougon.

Dans les établissements financiers, la prudence est également de mise, à en croire Célestin Bra, qui s’est vu refuser un prêt de sa banque quand il a voulu s’engager dans une opération immobilière.

« Je voulais acheter une maison. Je suis allé voir mon banquier pour un prêt. Il a refusé de me l’accorder sous prétexte que la situation de ni paix ni guerre du pays ne permet pas à son établissement de s’engager dans une telle opération », a-t-il expliqué.