La perle africaine a trouvé sa fée


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arton2944

Les plus belles parures africaines se trouvent chez Karim Fadika. Le bijoutier ivoirien possède une collection de perles d’Afrique, un trésor d’une valeur inimaginable et un atelier à Abidjan. Interview d’un collectionneur, joaillier et expert en pierres précieuses.

Tout commence par un héritage. La passion de Karim Fadika, métisse, vient de sa mère française qui collectionnait des perles. Fasciné par ses recherches, petit enfant qu’il était, il y a pris goût. Il a décidé d’assortir des perles avec du bronze, de l’or… en devenant joaillier. Son amour pour les pierres précieuses l’a aussi encouragé à les étudier. Aujourd’hui, ce joaillier et expert vend quelques colliers montés de sa collection et des bijoux, des parures modernes dans sa bijouterie à Abidjan.

Afrik.com : Comment travaillez-vous ?

Karim Fadika : A Abidjan, je travaille principalement sur commande car je n’ai pas le temps de stocker et le prix des pierres précieuses et des diamants surtout est élevé. Je conseille donc mes clients par rapport à des croquis et de nombreux catalogues, dans une boutique de 30m2 où ils apprécient l’endroit étroit et convivial. Trois bijoutiers que j’ai formés à leur sortie d’école collaborent avec moi, ils travaillent l’or mais je les ai initiés au sertissage, une technique non pratiquée en Côte d’Ivoire.

Afrik.com : Rencontrez-vous des difficultés ?

Karim Fadika : Avec le coup d’Etat en 1998, les affaires vont moins bien. Les gens n’osent pas acheter car ils ne sont pas rassurés par la situation du pays. Les Européens mes principaux acheteurs sont partis. En tant normal, c’est un métier qui nourrit bien son homme. Ne désespérons pas, depuis quelques temps, ça redémarre timidement

Afrik.com : Qui porte vos bijoux ?

Karim Fadika : Je vends autant aux Européens qu’aux Africains. Mes colliers qui sont très couture (tendance, ndlr) plaisent à tout le monde. Ils sont ni trop grossiers pour être portés par des Européennes, ni trop modernes pour les Africaines. J’ai la chance d’avoir une culture mixte, père ivoirien, mère française. Quand je monte des bijoux, je fais un mixage de ces origines. J’ai été formé en France en joaillerie et je suis le seul en Côte d’Ivoire à avoir obtenu un diplôme d’expert en gemmologie (étude des pierres précieuses).

Afrik.com : Combien de bijoux avez-vous dans votre collection ?

Karim Fadika : J’ai une collection de perles d’Afrique, héritée de ma mère que j’essaye d’enrichir mais les prix sont exorbitants et les bijoux sont désormais introuvables. Je vends quelques pièces mais les plus précieuses d’une valeur inestimable, je les réserve pour l’héritage de ma fille. Sinon, j’ai en ma possession deux cent à trois cent colliers montés et avec les perles ambres, de coraux, chevrons, je peux ouvrir un musée. J’envisage de monter une boutique ou une galerie à Paris car tous mes clients qui achètent ces perles sont Européens.

Afrik.com : Par quel moyen vendez-vous vos perles d’Afrique ?

Karim Fadika : Je recherche des collectionneurs qui se déplacent pour acheter le collier simplement pour sa valeur. Autrement, j’expose ma collection pour des salons.

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