La pêche illégale pourrait relancer la piraterie en Somalie

Une recrudescence de la pêche illégale au large de la Somalie risque d’encourager le développement de la piraterie, selon un rapport de la fondation américaine One Earth Future, intitulé « Protéger la pêche somalienne ».

La Somalie va-t-elle assister à une recrudescence des actes de piraterie qui avaient considérablement diminué ces dernières années ? Un rapport de la fondation américaine One Earth Future intitulée « Protéger la pêche somalienne » prévient que l’augmentation de la pêche illégale au large des côtes du pays pourrait contribuer à développer à nouveau ce phénomène.

Ce sont des bateaux européens qui pêchent la plus grande partie du poisson au large de la Somalie où les bateaux yéménites et iraniens sont présents en plus grand nombre. Cette pêche illégale, car non autorisée officiellement par le gouvernement du pays risque « de provoquer un soutien local à un retour de la piraterie. « La pêche illégale a servi de prétexte aux bandes criminelles pour passer d’une posture défensive aux attaques armées et à la piraterie », a déclaré John Steed , le responsable de Secure Fisheries dans la Corne de l’Afrique, le département de la fondation américaine qui a rédigé ce rapport.

« La situation est revenue à ce qu’elle était »

Au milieu des années 2000, la surpêche illégale prend une ampleur inégalée. Nombre de pêcheurs, dans un contexte de guerre civile, s’étaient lancés dans la piraterie pour trouver un moyen de subsistance. Ils justifiaient leurs actions en indiquant vouloir faire partir les navires étrangers qui pillent leurs ressources marines. Les pêcheurs somaliens capturent annuellement 40 000 tonnes de poisson quand les gros bateaux étrangers en pêchent 132 000 tonnes, selon des chiffres rapportés par l’Agence Ecofin.

« La situation est revenue à ce qu’elle était, avec un grand nombre de navires étrangers pêchant à nouveau dans les eaux somaliennes et le danger est réel que le cycle complet de piraterie reprenne », a précisé John Steed.

Parallèlement, dans le centre et le sud de la Somalie, les extrémistes shebab multiplient les attaques, ces dernières semaines, tuant des dizaines de soldats de la mission de l’Union Africaine dans le pays (AMISOM), notamment des militaires ougandais. Le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, a confirmé, dimanche, que six soldats de son pays étaient actuellement détenus par les rebelles affiliés à Al-Qaïda.