La pêche à Maurice : chasse gardée des locaux

Le ministère de la Pêche mauricien va appliquer très bientôt à tous les bateaux du pays sa décision d’abolir l’embauche de pêcheurs malgaches. Les réactions sont diverses, mais le gouvernement se veut confiant.

Début 2001, tous les opérateurs de pêche mauriciens devront se soumettre à la décision du gouvernement d’abolir l’embauche de pêcheurs malgaches. Cette décision, qui est entrée en vigueur le 1er août dernier, ne s’applique pas à tous pour l’instant : un bateau reste pour l’instant l’exception à la règle.  » Comme le propriétaire avait déjà engagé des pêcheurs malgaches, le ministère a décidé de le laisser faire la saison avec cet équipage « , explique monsieur Torul, chef de service pour la protection au ministère de la Pêche.

Les pêcheurs malgaches ont été 150 à rejoindre les bateaux mauriciens pour exercer leur métier au cours de l’année 2000. 150 pêcheurs de trop, selon M. Torul :  » On compte aujourd’hui neuf bateaux qui pratiquent la pêche en haute mer et cela nous suffit amplement. Il y a 650 pêcheurs hauturiers mauriciens, et nous devons faire face à un surplus de pêcheurs, car nous n’avons en réalité besoin que de 550 hommes. Cela ne vaut donc pas la peine d’embaucher des pêcheurs étrangers. De plus, le chômage est très important dans ce secteur, et le gouvernement espère ainsi le réduire.  »

Propriétaires réticents

Bien sûr, les propriétaires des grands bateaux, regroupés dans la Bank Operators Association, ont été plus que réticents à cette annonce. Selon M. Torul, les Malgaches coûteraient beaucoup moins cher à l’embauche que les Mauriciens, mais d’autres raisons sont évoquées. Notamment le mauvais emploi des livrets de pêche par les Mauriciens : certains cumulent effectivement plusieurs activités, tandis que d’autres  » se paient le luxe de ne pas être d’une nouvelle campagne (de pêche, ndlr) parce qu’il se sont faits assez d’argent à la première  » selon un employeur de Malgaches (propos rapportés par le Le Mauricien).

Un manque de main-d’oeuvre donc, qui pousserait les propriétaires à embaucher des Malgaches ? Pourtant, selon M. Torul, les pêcheurs mauriciens  » sont très contents de cette décision ministérielle, car c’est un manque à gagner pour eux que leurs patrons embauchent des étrangers « .

Le fonctionnaire affirme qu’aujourd’hui, tout le monde est d’accord :  » Un comité consultatif a été créé pour tomber sur un consensus. Le ministre a rencontré les syndicats et les opérateurs, et il ne devrait pas y avoir de problème pour faire appliquer la décision.  » Reste à savoir ce qu’en pensent les Malgaches.