La paix, priorité de la Cédéao

Les dirigeants ouest-africains de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), se sont réunis mardi, à Abuja, au Nigeria. Ils ont exhorté les chefs d’Etat à préserver la paix civile à tout prix et à rétablir l’ordre constitutionnel. Dans le même temps, le président par intérim du Nigéria, Jonathan Goodluck, a été nommé à la tête de la Cédéao pour un an.

Les crises politiques se succèdent sur le continent africain. Au Niger, en Guinée, et récemment en Côte d’Ivoire. Face à cette instabilité, les dirigeants la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), réunis en sommet mardi, à Abuja, pour une journée, regrettent « une rechute » de la démocratie au sein du bloc régional.

En Côte d’Ivoire, « ils ont appelé la classe politique ivoirienne à faire tout ce qui était possible pour préserver le processus de paix », selon un communiqué officiel publié dans la nuit de mardi à mercredi, après la réunion à huis clos. Vendredi dernier, à la surprise générale, le président Laurent Gbagbo avait annoncé la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI), chargée d’organiser les élections présidentielles, reportées depuis 2005.

Du côté du Niger, un des pays suspendus par la Cédéao, le constat n’est guère réjouissant. Au vu de l’attitude très peu coopérative du président nigérien, Mamadou Tandja, qui se cramponne au pouvoir, espérant briguer un troisième mandat, le bloc régional a décidé de maintenir ses sanctions à l’encontre de ce pays.

Le Niger et la Guinée : pays non grata

Le bloc régional avait suspendu l’an dernier le Niger et la Guinée après que le président Mamadou Tandja du Niger fut resté au pouvoir et qu’une junte militaire a pris la tête de l’Etat en Guinée. Dans ce dernier pays, le sommet a salué la nomination d’un nouveau président par intérim et la formation d’un gouvernement de transition. Cependant, il a appelé tous les dirigeants par intérim, y compris les militaires, à ne pas se présenter aux prochaines élections prévues en juin.

Dans le même temps, le chefs d’Etat de la Cédéao ont désigné leur nouveau président. Il s’agit du président par intérim du Nigeria, Jonathan Goodluck, qui sera à la tête de la Cédéao pour un an, donnant à son pays un second mandat consécutif. Le sommet a aussi nommé un Ghanéen, Victor Gbeho, pour succéder à son compatriote Mohammed Ibn Chambas à la tête de la commission de la Cédéao.