La paix par l’apaisement

Après les déchaînements de violence qui ont fait au moins 44 morts jeudi, la classe politique ivoirienne semble décidée à faire retomber la pression. Dans la rue, le calme est revenu.

La Côte d’Ivoire s’est fait très peur hier, alors que des affrontements entre partisans du Front populaire ivoirien (FPI) vainqueur des élections présidentielles et ceux du Rassemblement des républicains (droite libérale) frustrés d’avoir vu leur favori évincé, faisaient une quarantaine de morts et menaçaient de dégénérer en conflit ethnique.

La classe politique ivoirienne, largement responsable de cette folie, en raison de la violence des propos de campagne, a décidé de jouer l’apaisement, alors que les cendres de la mosquée de Yopougon, l’une des dix communes d’Abidjan, achèvent de se consumer. Le premier geste du nouveau président, Laurent Gbagbo avant même de nommer son directeur de campagne, Affi Nguessan, au poste de Premier ministre, a été de rencontrer les représentants de chaque parti de l’échiquier politique. Dès 9h 15, heure locale, il a reçu son principal détracteur, le leader du RDR, Alassane Ouattara… à sa résidence personnelle pour ne pas heurter son opposant.

Accolades

Au sortir de l’entretien, les deux hommes qui s’étaient donnés l’accolade, sont apparus souriants. M Ouattara qui n’a pas remis en cause  » le président Gbagbo  » a affirmé que la participation de son parti au gouvernement n’était pas  » une priorité  » pour le moment, préférant attendre les résultats des élections législatives prévues pour décembre prochain.

Une attitude qui tranche nettement avec les propos violents tenus deux heures avant l’entretien, par M Ouattara sur les ondes d’Europe 1. L’ancien Premier ministre d’Houphouët Boigny affirmait qu’il ne reconnaissait pas le nouveau président en l’absence d’élections légitimes.

M Gbagbo a ensuite reçu le secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Laurent Falongo. Lequel a déclaré que son parti allait entrer dans le nouveau gouvernement, dont la composition n’avait toujours pas été communiquée à l’heure où nous bouclons (18h30, heure française).

A Abidjan et dans les autres villes du pays, le calme semble revenu, à l’exception de la localité d’Odienné (610 km au Nord-Ouest d’Abidjan) où, selon des témoins cités par l’AFP, des tirs auraient été entendus.