La nouvelle santé de l’agriculture rwandaise

La production agricole rwandaise a augmenté de 30% de septembre 2001 à janvier 2002 par rapport à la même période de l’année précédente. Les conditions climatiques favorables expliquent les bons résultats actuels. Les besoins alimentaires du pays sont théoriquement assurés pour les quatre mois à venir.

L’agriculture rwandaise se porte bien. La production nationale a augmenté de 30% en septembre 2001 à janvier 2002, par rapport à la même période de l’année dernière. Les récoltes sont estimées par le Système d’alerte rapide aux risques de famine (Fews), fondation financée par l’Agence américaine pour le développement international) à 3,7 millions de tonnes contre 2,9 millions précédemment. Une bonne santé qui s’explique par des conditions climatiques particulièrement favorables. Les besoins alimentaires du pays sont théoriquement assurés pour les quatre mois à venir.

Les pluies se sont montrées généreuses avec les terres rwandaises, dont les trois quarts sont arables, pour la troisième saison consécutive. Un bol d’air pour le secteur agricole qui assure 46% du produit intérieur brut et qui fait vivre 90% de la population. Cette année s’annonce sous les meilleurs auspices. Bien que le salut ne viennent que des faveurs du ciel et non d’une meilleure productivité des sols grâce au recours à l’engrais ou à la sélection des semences.

6 000 tonnes d’engrais non organiques ont été utilisées en 2001, deux fois plus qu’en 2000, mais les quantités restent infimes.

Théoriquement autosuffisant

Le Rwanda est tranquille pour quelques mois. La balance alimentaire devrait être à l’équilibre jusqu’en juin. Le pays n’aura besoin d’aucune aide alimentaire. Au delà des chiffres, les problèmes de distribution de la production viennent toutefois apporter une ombre au tableau. Ce sont principalement les bananes, les pommes de terre douces (qui assurent à eux deux près de 80% de la production agricole vivrière) et le manioc qui ont enregistré les plus fortes hausses. Or ce sont là des denrées périssables et encombrantes qui posent de gros problèmes de transport.

Trois provinces sont toujours menacées de difficultés alimentaires. Gikongoro, Butare et Gisenyi, qui regroupent tout de même 26% de la population, pourraient ne pas voir le fruit des excédents.