La musique algérienne en vedette

Le Palais Omnisports de Paris-Bercy a fait salle comble, mardi 31 décembre, avec 17 500 spectateurs, pour le concert inaugural de  » Djazaïr, Une Année de l’Algérie en France  » qui va défrayer la chronique culturelle en France et en Algérie tout au long de 2003. Stars et personnalités étaient au rendez-vous.

De 21 heures à 3 heures du matin : 6 heures de chanson ininterrompues, dans un Palais Omnisport comble de la fosse jusqu’aux derniers gradins. 17 500 spectateurs

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La soirée avait commencé dans l’émotion, par quelques mots brefs d’Hervé Bourges, Président du comité mixte d’organisation de l’Année de l’Algérie en France qui a programmé environ 2000 manifestations, dans toute la France.

Cette saison culturelle  » à nulle autre pareille  » vient répondre à un véritable appétit de connaissance et de reconnaissance :  » Il était temps que la France et l’Algérie se retrouvent et découvrent les richesses d’une culture trimillénaire, tellement diverse et tellement forte… Vive l’Algérie et vive l’amitié franco-algérienne ! Bonne Année 2003, qui sera pour nous tous l’Année de l’Algérie ! »

Défilé de stars

Puis se fut le défilé des stars de la musique algérienne contemporaine, défilé éclectique où une part fut faite à toutes les écoles, du chaâbi au chant des Aurès en passant par les chants du désert et les musiques les plus contemporaines, celles qui sont aujourd’hui universellement connues et aimées, le rap algérien, franco-algérien, et le raï, dont le succès s’étend bien au-delà des deux rives de la Méditerranée : X-Press ouvrait le bal, suivi de Cheb Bilal, Cheb Mami, Khaled… Sans oublier bien sûr les voix contestataires de la Kabylie, exemplaires dans l’humour et la dérision, qui n’épargnèrent ni Jacques Chirac ni Abdelaziz Bouteflika, dans une salle acquise à l’humour et à la liberté de ton, qui ménagea aussi un triomphe à l’ironie grinçante d’un Baaziz.

Les voix kabyles, n’étaient pas toutes là, mais l’ensemble des provinces de l’Algérie étaient honorées : Katchou, Houria Aïchi, Bali, Naïma el-Djazaïria, Mohamed Lamari, Abdelkader Chaou, Rachid Koceila, Houari Benchenet, splendide, avec  » Asram ya wahram « , Cheb Kada et Larbi Dida… Toutes les provinces et toutes les générations de la musique algérienne, des splendeurs de la tradition ancienne aux stars du raï contemporain.

Temps forts

Premier sommet de la soirée : le passage d’une année à l’autre, à minuit ! C’est avec Cheb Mami que la transition s’opéra, dans un déchaînement de ferveur musicale, la salle entière dansant sur les rythmes du prince du raï. Quelques secondes s’écoulèrent alors, vraiment émouvantes, où les deux drapeaux, français et algériens, descendirent peu à peu sur la scène au milieu d’un éblouissement de feux d’artifices. Explosion de fraternité, la salle se souhaitait la bonne année sans distinction d’origines, la musique ayant parachevé la communion générale.

Deuxième temps fort, l’arrivée de Khaled, bien plus tardive, dont certains des titres sonnent comme des hymnes de la culture algérienne en France, à commencer par  » Aïcha  » que le Palais Omnisports reprenait en choeur, comme un seul homme.

Fête générale

Paris gagné, à l’évidence, pour les organisateurs, au premier rang desquels on distinguait, outre Hervé Bourges, Mohamed Raouraoua, Commissaire général algérien, premier maître d’oeuvre de la soirée, avec Françoise Allaire, Commissaire générale française, l’Ambassadeur d’Algérie Mohamed Ghoualmi, eux-mêmes entourés de personnalités, comme le Médiateur de la République française, Bernard Stasi, vieil ami de l’Algérie, le Directeur général du Centre National du Cinéma, David Kessler, ou le chanteur français Georges Moustaki.

Repérée par l’AFP, la Ministre française Tokia Saïfi, Secrétaire d’Etat au développement durable, était également dans la salle, entourée de plusieurs de ses proches, même si elle n’avait pas souhaité figurer à la tribune officielle, pour mieux participer à la fête générale… Symbole d’une soirée authentique et chaleureuse, qui augure bien de la suite de l’Année !