La Mauritanie accuse le Burkina Faso

Suite à la tentative de putsch en Mauritanie, le 9 août dernier, les autorités du pays ont placé le Burkina Faso et la Libye au banc des accusés. Nouakchott accuse les deux Etats d’avoir subvenu aux besoins matériels et financiers des auteurs présumés de l’opération.

Par Nadège Ouinsou

Le Burkina coupable. Le ministre mauritanien de la Communication, Hammoud Ould Abdi, accuse ouvertement le Burkina Faso d’avoir soutenu et de soutenir encore les auteurs de la tentative de putsch du 9 août dernier. « Le Burkina Faso constitue le bras armé de la Libye dans cette région (Ouest africaine), comme en témoignent le Togo et la Côte d’Ivoire notamment », rapporte le quotidien togolais Republic of Togo.

Le chef d’Etat major de la gendarmerie nationale, le colonel Sidi Ould Riha, pointe lui aussi du doigt le Burkina Faso. « Le Burkina Faso a subvenu aux besoins matériels et financiers des comploteurs », a-t-il expliqué à la BBC. Il soupçonne même le pays de faire office de terre d’accueil pour les présumés putschistes, parmi lesquels se trouvent trois officiers de l’armée mauritanienne : le commandant Mohamed Ould Cheikna, l’ex-commandant Salek Ould Hanana et le Capitaine Abderahmane Ould Mini.

Le Burkina victime de « mauvaise foi »

Face à des accusations, qu’il juge aussi graves que non fondées, le ministre de la Sécurité burkinabé dément formellement les allégations mauritaniennes. Lors d’une conférence de presse, Djibril Bassolé a voulu jouer la carte de la transparence. Il reconnaît que « la libre circulation des personnes et des biens dans la sous-région et la perméabilité des frontières rendent plus difficile le contrôle des individus ». Néanmoins, il persiste et signe. « Faire de la présence supposée au Burkina d’opposants mauritaniens en fuite une preuve d’implication semble inconsistant ». D’autant plus que « les militaires fugitifs avaient été localisés au Nord du Mali avec des islamistes algériens, puis au Niger et enfin au Burkina », précise-t-il.

Pour conclure sa plaidoirie, Djibril Bassolé affirme avoir remis les trois officiers en cause entre les mains des autorités mauritaniennes. Selon lui, le ministre mauritanien de la Défense lui aurait confirmé « les avoir bel et bien reçu », ce qui lui donne le sentiment que la présente polémique est un acte de « mauvaise foi », rapporte le journal burkinabé Le Pays.

Aujourd’hui, chaque pays campe sur ses positions. Après la Côte d’Ivoire, la Mauritanie est en passe de devenir un nouveau foyer de tension dans la sous-région.