La mangue s’exporte bien

L’exportation du fruit roi du Sénégal, la mangue, prend de plus en plus d’ampleur. De 300 tonnes en 1998 à près de 1 000 cette année, producteurs et exportateurs se lancent tête baissée dans ce marché juteux.

 » Le Sénégal est le plus grand producteur de mangue dans la région. Nos exportations ne cessent d’augmenter et sont appelées à prendre plus d’importance dans l’avenir. Avec l’utilisation de la voie maritime, les exportateurs peuvent amplifier leurs quantités « , explique Ibrahim Diaye, cadre au ministère de l’Agriculture. L’exportation de la mangue est passée de 300 tonnes, il y a quatre ans, à près de mille cette année. Un succès qui s’explique par la diversification du transport et par la production fruitière. Jusqu’à très récemment, les exportateurs privilégiaient l’avion. Mais ce mode de transport onéreux faisait grimper le prix à la vente et décourageait les exportations. Ils préféraient donc prendre de plus petits bénéfices et réduire les risques.

La juteuse niche

Le marché de l’exportation, dominé par trois grands exportateurs, a éclaté. De nombreuses personnes se sont engouffrées dans l’exploitation de la mangue et -grande trouvaille- ont délaissé l’avion pour la voie maritime. Le prix est moins élevé et offre donc de meilleures possibilités d’exportation en grandes quantités. La production annuelle de la mangue s’élève à 80 000 tonnes.  » Le marché de la mangue souffre du manque chronique de moyens. Près de 85 % de notre production pourrit sur place car nous n’avons pas les moyens de conservation et de transformation qui demandent de lourds investissements « , explique-t-on au ministère de l’Agriculture.

 » Les perspectives de croissance sont importantes mais il faut que nous arrivions à maîtriser le processus de conservation. Nous avons la matière grise, le savoir-faire, mais pas les finances. Nous essayons de monter des projets industriels. Sans grand succès… « , avoue Ibrahim Diaye. Au ministère de l’Agriculture, on précise que l’avenir de ce secteur passe nécessairement par l’exportation. A 533 euros la tonne, les paysans sénégalais ont tout intérêt à exporter leur produit vers l’Europe, essentiellement la France, car le marché intérieur est saturé.