La majorité sociale de Thabo Mbeki se défait

Réuni en congrès cette semaine, le grand syndicat COSATU ne décolère pas contre le parti au pouvoir ANC. La politique économique et sociale de Thabo Mbeki est au centre des désaccords.

Allié historique du renversement de l’Apartheid, le mouvement social sud-africain se sent de plus en plus trahi par les orientations du gouvernement Mbeki en matière de politique de l’emploi et de choix économiques. Après les grèves dures du printemps et de l’été, le congrès de la Confédération des syndicats sud-africains (COSATU), cette semaine, a été marquée par une nouvelle série de critiques acerbes contre le Congrès national africain (ANC).

Les choix économiques du gouvernement visent à doper la croissance, en réduisant l’inflation, les taux d’intérêts, le déficit budgétaire et les dépenses de l’Etat. Une orthodoxie qui n’a pas l’heur de plaire aux syndicalistes, mais que les leaders du parti ANC soutiennent, y compris ceux qui prônaient une politique beaucoup plus sociale il y a quelques années.

Willie Madisha, président de la COSATU, n’avait pas de mots assez durs cette semaine pour stigmatiser  » les échecs du gouvernement. Depuis 1997, nous avons perdu massivement des emplois, nous avons affaibli la croissance et fait baisser les investissements.  »

Grand écart idéologique

Le dernier conflit en date portait sur une révision de la loi sur les relations du travail, donnant plus de droits aux employeurs au détriment des salariés. Soutenue par les milieux d’affaires, cette initiative du gouvernement est combattue farouchement par la COSATU. Le syndicat envisage de mener  » une grève générale tous les trimestres  » si le projet n’est pas retiré avant son inscription au Parlement en mars prochain. Une rencontre au sommet est intervenue la semaine dernière entre l’ANC et la COSATU. Elle n’a pas permis de rapprocher les points de vue.

Selon un observateur sud-africain interrogé par la chaîne de télévision américaine CNN,  » le consensus entre les tombeurs de l’Apartheid a été mis à mal par les nécessités politiques. On a assisté à des évolutions un peu surréalistes. Par exemple, c’est un dirigeant communiste qui conduit les privatisations, cependant qu’un ancien leader syndical met au point les plans de restructuration qui provoqueront des licenciements en masse. «