La fille de Jacob Zuma quitte le Parlement après un scandale de mercenariat russe


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Justice, Tribunal
Tribunal (illustration)

La démission soudaine de Duduzile Zuma-Sambudla secoue la scène politique sud-africaine. Elle est accusée d’avoir recruté des compatriotes pour combattre en Ukraine aux côtés des forces russes.

L’ancienne députée sud-africaine Duduzile Zuma-Sambudla, fille de l’ex-président Jacob Zuma, a démissionné du Parlement avec effet immédiat. Cette décision intervient dans un contexte de fortes turbulences, au milieu d’accusations graves. Elle aurait attiré 17 hommes sud-africains pour combattre en Ukraine aux côtés des forces russes, sous prétexte de contrats d’emploi lucratifs.

Démission en pleine controverse

Duduzile Zuma-Sambudla était députée du parti d’opposition Umkhonto weSizwe (MK), dirigé par son père, Jacob Zuma. La nouvelle de sa démission, effective immédiatement pour l’Assemblée nationale et toutes ses fonctions publiques, a été annoncée vendredi par les responsables du parti.

Cette décision fait suite à une plainte déposée par sa propre demi-sœur. Elle a demandé l’ouverture d’une enquête officielle contre Duduzile Zuma-Sambudla et deux autres personnes pour leur implication présumée dans cette affaire de recrutement. La police sud-africaine a confirmé qu’une enquête serait ouverte.

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Le parti MK se défend de toute implication

Lors d’une conférence de presse tenue à Durban, le parti MK a tenté de prendre ses distances avec l’affaire. Nathi Nhleko, organisateur national du MK, a assuré que le parti n’était « pas impliqué dans l’affaire russo-ukrainienne » et a souligné que la démission de l’ancienne députée ne constituait en aucun cas un aveu de culpabilité.

Selon la direction du MK, cette démission permettrait à Duduzile Zuma-Sambudla de « se concentrer sur sa coopération totale avec tous les services de l’État » et d’apporter son soutien aux efforts pour assurer le retour en toute sécurité des Sud-Africains concernés auprès de leurs familles. La fille de Jacob Zuma, bien que présente à la conférence de presse, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur les accusations.

Des Sud-Africains « dupés » dans le Donbass

Le gouvernement sud-africain a confirmé ce mois-ci que 17 de ses citoyens étaient actuellement bloqués dans la région du Donbass, en Ukraine. Ils affirment avoir été dupés et recrutés pour combattre comme mercenaires, après avoir été séduits par la promesse de contrats de travail prétendument lucratifs.

Pretoria a indiqué qu’il œuvrait activement à leur rapatriement et enquêtait sur les circonstances de leur déplacement.

L’ombre du recrutement africain par la Russie

Cette affaire sud-africaine s’inscrit dans un contexte plus large de recrutement de mercenaires sur le continent africain par les forces russes. Le ministre des Affaires étrangères de Kyiv a affirmé que plus de 1 400 citoyens provenant de trente-six pays africains combattent actuellement aux côtés des forces russes en Ukraine.

Il a exhorté les nations africaines à mettre en garde leurs ressortissants contre les risques et dangers de ce type de recrutement. Outre les combattants, des enquêtes médiatiques ont révélé que des femmes africaines sont également attirées par la promesse d’emplois en Russie pour ensuite se retrouver dans des usines de fabrication de drones.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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