La mairie de Libreville en guerre contre les commerçantes squatteuses de la chaussée

Feu.jpg

Les nouvelles autorités de l’Hôtel de ville de Libreville ont lancé depuis deux semaines l’opération « coup de poing » visant à libérer la chaussée et les abords des trottoirs occupés anarchiquement par les commerçantes squatteuses. Cette opération très contestée par les victimes poursuit allègrement son bon homme de chemin.

Les agents de la mairie de Libreville ont, ces derniers jours encore, cassé et brûlé les tables des vendeuses qui occupaient l’espace public à l’ancienne gare routière de Libreville. « Il s’agit de libérer la chaussée et de rendre à Libreville sa beauté d’antan », a déclaré le 4e maire adjoint chargé de la voirie, Léandre Nzué.

toles.jpg
Pour éviter le bras de fer avec les commerçantes devenues de plus en plus nerveuses depuis le début de cette opération bien nommée « coup de poing », les agents municipaux arrivent la nuit, cassent et saccagent les comptoirs installés par les vendeuses. Ces dernières résistent en revenant quelques heures plus tard sur les lieux où elles tentent désespérément de recoller les morceaux de tables. Ce qui a poussé les agents municipaux, depuis quelque temps, à mettre le feu désormais sur les décombres.

« Nous avons prévu de l’espace pour le relogement de ces vendeuses et nous avons pris le temps de les sensibiliser avec de casser. Malheureusement ce n’est qu’au début de cette opération qu’elles ont pris les choses au sérieux », déclare Léandre Nzué. Il ajoute que les nouvelles autorités municipales sont également soucieuses de préserver l’activité économique de ces commerçantes. Feu.jpg

Construire les marchés avant de les chasser de leurs étals habituels

Pour les vendeuses, cette opération est intolérable et vise à tuer leur commerce. « Ce n’est pas gentil. Ce n’est pas normal ! Nous sommes installées ici parce qu’il n’y a pas de marché dans notre quartier. La mairie devrait nous donner un autre marché avant de nous chasser », s’indigne une commerçante visiblement très énervée.

« Nous ne demandons pas le travail dans les bureaux. Nous voulons seulement un marché pour faire notre commerce et nourrir nos enfants. Nous sommes des mères de famille et estimons que la décision de l’Hôtel de ville est arbitraire et inadéquate », souligne Anasthasie Biloghé, une autre vendeuse. Elle a invité le maire de Libreville, Jean-François Ntoutoume Emane, à trouver une solution rapide aux problèmes des commerçantes déguerpies.

Au cours d’un entretien accordé le mois dernier, le maire de Libreville a décliné son plan de construction de marchés modernes dans la plupart des quartiers de Libreville. Une démarche censée soutenir ces nombreuses femmes qui ont choisi le commerce comme moyen de subsistance.