La lutte continue

Le temps passe et les modes restent les mêmes, la censure des médias est toujours partie intégrante du mode de gouvernement des pays du Maghreb. Au Maroc d’abord où depuis le début de l’année, on a assisté en janvier à la saisie d’un numéro de l’hebdomadaire espagnol « Epoca » qui s’insurgeait, dans un reportage intitulé « Maroc, la tentation totalitaire », contre l’interdiction de journaux marocain d’opposition, et en mars de l’hebdomadaire Cambio 16, pourtant un ancien journal monarchiste, aujourd’hui encore de tendance très conservatrice, qui était interdit de distribution pour avoir donné la parole à un représentant du Front Polisario : toujours les mêmes mauvais démons. Quel danger, pourtant, pour le Royaume ? Il assez fermement établi pour ne plus avoir peur de quelques lignes dans un magazine…

En Tunisie ensuite où la surveillance, qui était déjà oppressante pour les journalistes du pays, est de plus en plus forte, sur les journaux étrangers. Alors que de nombreux journaux français ne sont toujours pas distribués en Tunisie, deux nouveaux journaux, « El Mustaqilla » édité à Londres et « Salama » publié à Paris, ont été censurés pour avoir abordé la question des droits de l’homme dans le pays. Et contrairement au Maroc qui se contente d’une surveillance des médias traditionnels, la Tunisie n’a pas manqué de l’étendre à Internet ainsi qu’en témoigne la surveillance à laquelle sont soumis les internautes. Censure plus aisément contournée par les sites ainsi que le montrent les exemples de  » Takriz ou  » Kalima . Espérons que l’ouverture esquissée par le nouveau ministre de la Communication ne sera pas un vain mot : en tous les cas,  » JA-L’Intelligent  » semble y croire.

Finalement, c’est l’Algérie qui se montre le moins mauvais élève, bien que selon l’IFEX (L’Échange international de la liberté d’expression) la liberté de la presse dans le pays reste précaire… Les journaux algériens jouissent indéniablement d’une certaine autonomie. Certains, comme El Watan seraient même distribués clandestinement au Maroc… Et la liberté de ton de la presse algérienne mériterait d’être aussi entendue sur les ondes… Mais tout n’arrive pas en même temps !