La lutte anti-fraude bloque l’aéroport de Nairobi

Un conflit entre les douanes kényannes, les importateurs et une société de  » pré-inspection  » a abouti à l’annulation de plusieurs vols de cargo.

Qui ment et qui dit vrai, des douanes du Kenya préposées à l’aéroport international d’Eldoret, de la société Swipco en charge de la pré-inspection des biens importés et des importateurs eux-mêmes ? L’affaire n’est pas près d’être clarifiée, alors qu’une tension grandissante vient de se transformer en blocage, coûtant des millions de shillings kenyans à l’économie du pays.

Une chose est sûre : les fraudes aux droits de douane sont de plus en plus massives. Le Daily Nation citait lundi de nombreux témoignages anonymes confirmant que la zone des douanes d’Eldoret manque pour le moins d’étanchéité. Un homme d’affaires, qui requérait l’anonymat, a expliqué au journal que les fraudes les plus massives concernaient les pièces de rechange automobile, mais aussi les composants électroniques.

Disparitions

Les produits échappent à la taxation définitivement après leur sortie de l’aéroport. Une mauvaise affaire pour la Swipco, qui perçoit un pourcentage des droits de douane selon un système d’affermage. La semaine dernière, le ras-le-bol des importateurs a éclaté à la suite de l’alerte donnée aux douanes par la Swipco. Les fonctionnaires ne se sont pas déplacés pour rien : ils ont dénombré pas moins de quatorze camionnettes remplies de produits importés illégalement.

Bien que plusieurs d’entre eux aient été pris la main dans le sac, les importateurs ont organisé hier une manifestation contre  » les tracasseries imposées par la Swipco « , accusée de  » créer ses propres règles « . La méfiance est générale, puisque au cours de la même réunion, la douane a été accusée d’avoir fait  » disparaître  » les biens saisis.